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mardi 11 février 2014
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Christian Widmann
Détermination de Coenosia testacea
mercredi 28 décembre 2011

Taille : 5.5 mm (de l’extrémité des antennes à l’extrémité des ailes)

Détermination de la famille

À partir de l’ouvrage « The European Families of the Diptera », Pjotr Oosterbroek, KNNV Publishing

1.
- Corps non aplati dorso-ventralement et ailes bien développées —> OK (2)
- Corps fortement aplati dorso-ventralement et ailes fortement réduites, absentes ou tronquées à la base —> (191)

2.
- Antennes filiformes ou ayant l’aspect d’une succession de perles et formées de plus de 6 segments ; tous les segments, ou uniquement après le second, plus ou moins similaires ; segments antennaires portant parfois de longs verticilles ou des appendices. Palpes chez les Nematocera souvent formés de 3-5 segments —> Nematocera et Brachycera avec antennes primitives (3)
- Antennes non filiformes, ne ressemblant pas à une succession de perles, avec moins de 10 segments ; le 3e segment presque toujours plus grand que les suivants (flagellomère 1) ; dans ce cas les segments suivants sont très différents ou forment une prolongation (non) segmentée, un style ou une arista. Palpes formés de 1-2 segments —> OK Brachycera (44)

44.
- Suture ptinilale présente (rainure ou suture généralement en forme de sabot de cheval, au-dessus de la lunule et descendant de part et d’autre des antennes, séparant les parafacialias du reste de la face). Nervation avec au plus 7 nervures atteignant le bord de l’aile, nervation généralement simple, nervure R4+5 jamais fourchue ; cellule bm toujours courte —> OK Familles d’acalyptrés et de calyptrés (81)


- Suture ptinilale absente (si une suture fermée est présente, elle ne s’étend pas au dessous des antennes, si une suture est présente, elle entoure le clypéus et ne se prolonge pas au-dessus des antennes) ; nervation de l’aile parfois simple (par exemple Dolichopodidae) mais généralement très différentes ; les cellules br, bm et cup sont souvent longues et par conséquent, la cellule discale, si elle existe, est localisée dans la partie distale de l’aile ; la nervure R4+5 souvent fourchue.

81.
- Coxas des pattes centrales non éloignées. Griffes tarsales (« tarsal claws ») normales, pas fortement recourbées. Mouches qui ne sont pas des ectoparasites—>OK (82)
- Coxas des pattes centrales éloignées. Griffes tarsales fortement recourbées. Mouches ectoparasites de mammifères et d’oiseaux—>Calyptrata : Hippoboscoidea

82.
- Présence d’une Greater ampulla (gros bourgeon présent juste derrière la partie antérieure de l’insertion alaire). Le 2ème segment antennaire (le pédicelle) avec une fente (« seam ») sur la partie supérieure. Normalement une ou plusieurs vibrisses présentes, ainsi que des soies fronto-orbitales recourbées. Cuilleron inférieur bien développé. Nervure Sc plus ou moins entière et séparée de la nervure R1. Partie supérieure du thorax normalement portant une suture transverse bien marquée. Callus post-alaire bien marqué —> Autres familles de Calyptratae (OK) (170)
- Greater ampulla indistincte ; si bien développée, vibrisses absentes et autres caractères différents. Cuilleron inférieur petit ou absent. Partie centrale de la suture transverse du thorax normalement indistincte ou absente. Callus post-alaire indistinct ou absent. —> Familles d’acalyptrés

170.
- Petite ouverture de la bouche, diamètre entre 1/4 et 1/8 de la largeur de la tête ; pièces buccales minuscules, rudimentaires, parfois seule l’extrémité gonflée des palpes est visible.
- Grande ouverture de la bouche, diamètre égale à au moins 1/4 de la largeur de la tête ; pièces buccales bien développées, bien visibles—> OK (175)

175. Méron sans rangée de soies fortes sur sa partie arrière ; parfois avec un petit groupe de soies non alignées (amas). Nervure M1+2 normalement droite, chez les Muscidae parfois légèrement courbée ou formant un angle marqué vers la costa (C)—> OK (176)
- Méron avec une ou plusieurs rangées de soies, ou avec un petit amas de soies sur sa partie arrière. Nervure M1+2 normalement fortement courbe, parfois se terminant sur la nervure R4+5, ce qui rend la cellule r4+5 pétiolée. M1+2 rarement courbée légèrement ou presque droite.

176.
- Surface ventrale du scutellum portant au centre un groupe de soies fines et pâles. Nervure anale longue. Femelles portant souvent des soies inter-frontales. —> Anthomyiidae
- Surface ventrale du scutellum glabre au centre, même si des soies peuvent être présentes latéralement. Nervure anale de longueur variable. Soies inter-frontales présentes ou absentes. —> OK (177)

177.
- La partie de la tête en arrière et en dessous des yeux porte quelques unes ou de nombreuses soies longues, fines et pâles. Soies inter-frontales absentes. Nervure anale longue, atteignant normalement le bord de l’aile —> Scathophagidae
- Si elles sont présentes, ces soies ne sont pas longues, fines et pâles. Nervure anale variable. —> 178 (OK)

178.
- Nervure anale atteignant le bord de l’aile, dans certains cas très fine dans la partie distale. —> 179
- Nervure anale n’atteignant pas le bord de l’aile.—> OK (180)

180.
- Nervure A2 se courbant en direction de la nervure A1 et l’atteindrait si celle-ci se continuait. Portion apicale de la nervure Sc presque droite. Nervure M1+2 presque droite. Soies inter-frontales absentes —> Fanniidae
- La nervure A2 n’atteindrait pas la nervure anale si ces deux nervures étaient prolongées. La portion apicale de la nervure Sc distinctement courbe. Nervure M1+2 distinctement courbée en avant ou non. Soies inter-frontales généralement absentes. —>Muscidae (OK)

Détermination du genre

Ouvrage utilisé : The Muscidae (Diptera) of Central Europe, Frantisek Gregor et al., NHBS

1.
- Anepiméron portant des soies. —> 2
- Anepiméron sans soie. —> 15 (OK)

15.
- La nervure R1 portent de courtes soies (« setulose ») sur sa partie dorsale dans le tiers apical. Corps à prédominance jaune. —> Achanthiptera
- La nervure R1 ne portant pas de courtes soies. Si elle porte des soies, alors corps noir. —> 16 (OK)

16.
- Partie postérieure interne du coxa postérieur portant des soies. —> 17
- Partie postérieure interne du coxa postérieur ne portant pas de soies. —> 18 (OK)

18.
- Méron avec un petit amas de soies sur sa partie arrière. —> Eginia
- Méron sans soies (tout au plus quelques poils fins). —>19 (OK)

19.
- Tête quasi quadrangulaire et nœuds radiaux (« radial nodes ») sans petites soies. —>Atherigona
- Tête plus ronde ; si proche d’être quadrangulaire alors nœuds radiaux avec de petites soies sur le dessus et le dessous. —> 20 (OK)

20.
- Une à quatre soies sur le katépisternum ; si trois, alors non disposées en un triangle équilatéral. —> 21
- Trois soies sur le katépisternum disposées en un triangle équilatéral inversé. —> 46 (OK)

46.
- Soie pré-alaire distincte. —> Helina
- Soie pré-alaire absente. —> 47 (OK)

47.
- Nœuds radiaux avec de petites soies sur les deux faces. —> Limnophora
- Nœuds radiaux sans soies. —> 48 (OK)

48.
- Deux soies inclinées vers l’arrière sur chaque côté du front, les antérieures subégales ou plus longues que les postérieures. —> 49
- Au plus, une soie inclinée vers l’arrière sur chaque côté du front ; si présence de deux soies, alors les antérieures beaucoup plus courtes que les postérieures. —> 52 (OK)

52.
- Tibia central portant une soie antéro-ventrale (av). Front plus large que long. — >Schoenomyza
- Tibia central sans soie antéro-ventrale. Front plus long que large. —> 53 (OK)

53.
- Soies post-ocellaires aussi longue que les soies verticales externes ; tegula, basicosta et trochanters jaunes. Tibia central portant une seule soie postérieure. Tibia postérieur portant une soie antérodorsale. —> Macrorchis NB : Cette partie de la clé peut induire en erreur car ces caractères jouent aussi pour C. testacea. Cependant, les espèces de Coenosia ont seulement une seule paires de soies dorso-centrales présuturales, au contraire des espèces de Macrorchis qui en ont deux.
- Combinaison de caractères différente. —> 54 (OK)

54.
- Une seule paire de soies dorso-centrales présuturales, parfois précédées par une deuxième paire plus courte (au moins deux fois plus courte). —> Coenosia (OK)
- Deux paires de soies dorso-centrales présuturales (la paire antérieure étant normalement plus longue que la moitié de la longueur de la paire postérieure). —> 55

Détermination de l’espèce

Ouvrage utilisé : The Muscidae (Diptera) of Central Europe, Frantisek Gregor et al., NHBS

1.
- Costa ne dépassant pas, ou peu, l’apex de la R4+5. —>C. agromyzina
- Costa atteignant l’apex de la M1. —> 2 (OK)

2.
- Tibia postérieur avec les soies médianes antéro-ventrale (av) et antéro-dorsale (ad) rapprochées sur un même niveau. —> 3
- Ces soies non rapprochées sur un même niveau. —> 10 (OK)

10.
- Derniers tarsomères dilatés sur au moins une paire de pattes, au moins aussi larges que longs. —> 11
- Derniers tarsomères non dilatés sur aucune paire de pattes. —> 14 (OK)

14.
- Tibia postérieur présentant une soie pré-apicale et une soie postéro-dorsale proches l’une de l’autre (toutes deux longues et épaisses). —> 15
- Tibia postérieur n’ayant pas ces soies pré-apicale et postéro-dorsale proches l’une de l’autre. —> 17 (OK)

17.
- Cuilleron inférieur à peine plus long que le supérieur. —> 18
- Cuilleron inférieur généralement nettement plus long que le supérieur. —>27 (OK)

27.
- Mâles. —> 28
- Femelles. Pour déterminer le sexe des Coenosia il faut regarder l’extrémité de l’abdomen qui porte les genitalia, car le critère des yeux rapprochés/distants ne marche pas pour ce genre, les deux sexes ayant les yeux bien séparés. Chez quasiment tous les diptères mâles, les derniers segments de l’abdomen sont arrondis et recourbés à 180 ° sous l’abdomen, pour faciliter l’accouplement, ce qui a pour effet de former un abdomen à extrémité arrondie, voire même plus renflée que le reste. Chez les femelles, c’est l’inverse, l’abdomen porte des segments de plus en plus fins, comme un tube télescopique. Les trois liens suivants donnent des exemples. Un mâle : http://www.flickr.com/photos/tobyju... Une femelle : http://72.44.83.99/forum/viewthread.php ... ost_160688 Une femelle avec les derniers segments complètement déployés (formant ce qu’on appelle l’ovipositeur) : http://diptera.info/forum/viewthread.ph ... post_78670 Lorsque l’abdomen parait aller en diminuant mais est brutalement tronqué (comme pour l’individu présenté ici), c’est que les derniers segments sont rétractés à l’intérieur de l’abdomen, c’est donc une femelle. Chez le mâle les segments sont toujours à l’extérieur. —> 67 (OK)

67.
- Flagellomères avec une partie dorso-apicale pointue (flèche rouge). —> 68
- Flagellomères dont la partie dorso-apicale n’est pas pointue. —> 71 (OK)

71.
- Proépisternum (en vert) portant une soie (flèche). —> 72 (OK)
- Proépisternum portant deux soies, l’antérieure parfois beaucoup plus courte que la postérieure. —> 75

72.
- Paires de larges points foncés sur l’abdomen absentes ou indistinctes. Soies acrosticales présuturales peu développées. Coxae jaunes —> C. rujipalpis
- Présence distincte de paires de larges points foncés sur l’abdomen (flèche rouge). Soies acrosticales présuturales développées (rectangle rouge). Coxae des pattes centrales et postérieures en partie grises (flèches noires)—> 73 (OK)

73.
- Fémur centraux portant 3-4 fortes soies postéro-ventrales (pv) dans les 2/3 inférieur et normalement 2 soies apicales postéro-dorsales (pd). Bande médiane frontale (« frontal vitta ») généralement noire. —> C. nigridigita
- Fémur centraux portant seulement 2 petites soies postéro-ventrales dans les 2/3 inférieur et au plus une soie apicale postéro-dorsale. Bande médiane frontale (« frontal vitta » ; en bleu) foncée ou pâle antérieurement. —> 74 (OK)

74.
- Marge antérieure de la bande médiane frontale jaune-rougâtre. Gênes en leur point le plus étroit plus large que les flagellomère.—> C. testacea (OK)
- Bande médiane frontale entièrement noire. Gênes plus étroites que les flagellomères. —>C. infantula

Certains diptérologistes pensent que C. testacea and C. infantula correspondent à des variations d’une seule et même espèce (les genitalia sont apparemment virtuellement identiques). L’identification du présent individu en C. testacea est basée sur la couleur rougeâtre de la marge antérieure de la bande médiane frontale et sur le fait que la section de M1 entre les veines transverses (partie entre les têtes de flèches rouges) n’est, au contraire de ce qui est vu chez C. infantula, pas plus courte que la partie distale de la veine CuA1 (partie entre les flèches rouges). Cependant, les critères se basant sur les largeurs des gênes et des flagellomères semblent plus correspondre à ce que l’on devrait rencontrer chez C. infantula.

Coenosia testacea

2.5-4.0 mm (comment est généralement mesurée la taille, dans le cas présent j’ai mesuré une distance de 5.5 mm du bout des ailes au bout des antennes). Tête grisâtre ponctuée de blanc, bande médiane frontale noire excepté sa marge antérieure qui est rougeâtre. Antennes noires, soies aristales aussi longues et parafascia au moins aussi larges que la largeur des flagellomères (je ne comprends pas ce point, que sont ces soies aristales ? Est-ce l’arista elle-même ou les tout petits poils portés par l’arista ?). Soies verticales externes plus longues que les soies post-oculaires. Scutum portant 2-3 bandes brunes le long des soies dorso-centrales. Cuilleron inférieur avancement nettement en dessous du cuilleron supérieur. Pattes, incluant les coxae, jaunes. Tarses brunes. Fémurs centraux avec seulement une fine soie antéro-ventrale proche de la base, une soie postéro-ventrale au delà du tiers basal et 1-2 soies postéro-dorsales pré-apicales. Palpes chez le mâle jaunes ; leurs tibias centraux sans soie antéro-ventrale ; leur abdomen ovale, jaune à sa base, avec des paires de petites taches rondes brunes sur les tergites ; ces taches généralement réduites dans la partie basale et plus développées sur les tergites 4-5. Palpes chez la femelles plus foncées ; leurs tibias centraux avec des soies antéro-dorsales ; leurs fémurs parfois rembrunis de manière plus ou moins étendue ; leur abdomen plus large et pas jaune à la base. Distribution paléarctique, dans toute l’Europe, jusqu’à l’Ukraine où cette espèce a récemment été observée.

Je remercie Pierre Duhem, Stéphane Lebrun et Christoophe pour leurs remarques et corrections.