Dernière mise à jour :
mardi 1er juillet 2014
62 articles à ce jour
Physiologie des insectes - le développement
dimanche 22 avril 2007

.

Article mis en ligne originellement par François Panchout sur une version antérieure du site du "monde des insectes".

.

Les étapes du cycle de la vie des insectes sont, à la différence de l’Homme, fortement complexes. Alors que nous grandissons de manière continue, notre physionomie et notre physiologie sont identiques à nos parents (ne dit-on pas que le petit dernier ressemble à ses parents ?).
Les insectes par contre subissent des transformations externes et internes des plus impressionnantes. Savoir que la chenille est la forme juvénile du papillon ne tombe pas sous le sens. Pour qui n’a pas observé le développement complet d’un papillon ou d’un coléoptère, il est tout à fait légitime de penser que ces deux formes représentent deux espèces très différentes ! Et pourtant, elles ne forment qu’une seule et même espèce.
Néanmoins, ce type de développement n’est pas le seul chez les insectes. En fait les scientifiques se sont aperçus que 3 types de développements coexistent. Ils correspondent à une évolution et une complexification du développement.

On distingue donc trois grands types de développements qui sont :

  • Amétabole : il n’y a pas de stade larvaire mais plutôt des stades juvéniles (immatures sexuellement) séparés de l’état adulte (reproducteur) par une mue de puberté,
  • Hémimétabole : ce développement caractérise des insectes ptérygotes (qui ont des ailes) dont les juvéniles ressemblent à l’adulte. Les ailes se développent progressivement jusqu’à l’état adulte sexuellement mûr,
  • Holométabole : de loin le plus complexe, les formes larvaires sont éloignées aussi bien morphologiquement que physiologiquement de l’état imaginal. Le passage de l’état larvaire à l’état adulte s’effectue de manière brusque grâce à une phase appelée "stade nymphale".

Le stade juvénile est généralement le plus long (mais pas toujours...). Il correspond toujours à une succession de mues qui permettent à l’animal de grandir. Ainsi certaines cigales restent dans cet état prés de vingt ans. lorsqu’elles arrivent à l’état imaginal, c’est juste pour se reproduire. Elles meurent alors à la fin de l’été. Chez les insectes amétaboles et hémimétaboles, les stades qui précédent l’âge adulte sont dits "juvéniles" car leur morphologie ressemble à celle de l’adulte. Chez les insectes holométaboles par contre, ces stades sont qualifiés de "larvaires". La larve ne ressemble ainsi pas du tout à sa forme adulte.

La métamorphose des insectes hémimétaboles s’observe dans les ordres suivants : Ephéméroptères, Odonates, Phasmoptères, Blattoptères, Mantoptères, Hétéroptères ou encore Homoptères. A la différence des insectes holométaboles, il n’y a pas de stade nymphale. Dès sa naissance, l’insecte hémimétabole ressemble à l’adulte. Son développement se résume donc à des mues de croissances pendant le stade juvénile.

  1. l’oeuf,
  2. le stade juvénile,
  3. l’imago (=adulte).

Bien que le stade juvénile ressemble à l’adulte, l’insecte n’a pas d’ailes totalement développées mais sont partiellement visibles. Leur développement est donc externe. C’est pourquoi ces insectes sont qualifiés d’exoptérygotes (Exo : extérieur - pterygote : porteur d’ailes) et il n’est pas mature sexuellement.

Cette métamorphose "progressive" de l’insecte juvénile caractérise un développement primitif. Ce développement est à opposer à celui des holométaboles (qui sont endoptérygotes) et dont la larve est totalement différente de l’adulte.

La métamorphose des insectes holométabole s’observe dans les ordres suivants : Névroptères, Coléoptères, Hyménoptères, Mécoptères, Diptères, Aphaniptères, Trichoptères et les Lépidoptères. On y distingue alors quatre grandes étapes dans le développement de ces insectes :

  1. l’oeuf,
  2. le stade larvaire,
  3. le stade nymphal,
  4. l’imago (=adulte).

Les chenilles qui arrivent à maturité doivent donc se transformer en papillon. Or, une si grande transformation nécessite une phase particulière pendant laquelle la chenille ne bouge pas : c’est la nymphose.

Chez les papillons, on rencontre plusieurs modes de nymphose :

Un cas assez courant chez les papillons du jour est celui où la chenille est pendue par le crémaster (Exemple ci-dessous). La chenille passe un fil de soie autour de son abdomen pour bien se fixer. Cette méthode est observée chez les papilionidae, les Pieridae et les Lycaenidae.

Un autre cas tout aussi fréquent (surtout chez les Nymphalidae) est celui où la chrysalide est suspendue à l’envers et n’est retenue que par son crémaster (les deux crochets à l’extrémité de l’abdomen).

Chez les Saturniidae par contre la chenille produit un gros cocon de soie où elle séjournera tout au long de sa transformation. C’est d’ailleurs ce cocon qui est utilisé chez le vers à soie pour confectionner les tissus en soie car le cocon n’est tissé qu’avec un seul et très long fil.

La mue imaginale qui précède la - courte - vie adulte est relativement longue (c’est ce que l’on appelle la chrysalide chez les papillons). Mais, cette période de repos n’est qu’apparente. En effet, tout l’organisme de l’animal se transforme. Certains organes disparaissent, d’autres apparaissent (les ailes ou les pattes par exemple) grâce à des amas cellulaires qui étaient restés jusque là en attente. C’est par exemple le cas des ailes. elle ne se forment que pendant le stade nymphal. Ces insectes sont alors qualifiés d’endoptérygotes (endo = intérieur et ptérygote = porteur d’aile). l’éclosion, l’imago qui en sort excrète une substance appelée le méconium. C’est un ensemble de déchets qui ont été produits pendant la métamorphose.


François Panchout


Remis en ligne par Didier Roustide et Arno Szwab