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Présentation de Pyrrhocoris apterus
Rencontre avec cet Hémiptère > Pyrrhocoridae
vendredi 21 novembre 2008

Vincent DERREUMAUX - 11/08

Mais qui est donc Pyrrhocoris apterus (Linnaeus 1758) ? Laissons-le se présenter lui-même.

QUI SUIS-JE ?

Mon nom est Pyrrhocoris apterus. Il y a plus simple je sais mais c’est ainsi. Je suis une des rares punaises à avoir un nom vernaculaire. En effet on me nomme « gendarme », « cherche-midi », « soldat » ou encore « le Suisse ». Je suis issu d’une toute petite famille, celle des Pyrrhocoridae, qui compte 3 espèces en France (5 en Europe). Malgré ceci je dois pouvoir prétendre au titre de punaise la plus répandue en Europe.

Pyrrhocoris apterus

COMMENT ME RECONNAITRE

Est-il vraiment utile que je me décrive ? Et oui !
Je mesure aux alentours de 10mm. Je m’habille en costume rouge et noir de la façon suivante : pattes noires, tête noire, pronotum rouge avec une grande tache noire, scutellum noir, cories rouges avec chacune une grande tâche noire ronde. En général, celles-ci n’atteignent pas le bout de l’abdomen ! Et oui la plupart du temps je suis brachyptère (c’est-à-dire doté de courtes ailes), mais vous pourrez quand même rencontrer des individus macroptères. Mais dépourvu d’ailes membraneuses je ne suis pas apte au vol.



Pyrrhocoris apterus forme brachyptère


Pyrrhocoris apterus forme macroptère

NE PAS CONFONDRE

Mon frère français Pyrrhocoris marginatus (Kolenati 1845)
et moi sommes assez différents pour qu’on ne nous confonde pas. Il n’arbore pas des couleurs aussi flamboyantes que moi.
Bien souvent on donne mon nom à d’autres punaises rouges et noires qui ne sont que des cousines éloignées, de la famille des Lygaeidae.

Je ressemble beaucoup à mon proche cousin, Scantius aegyptius (Linnaeus 1758), membre de ma famille ! Lui n’a que deux petites taches sur les cories (une de chaque côté) alors que moi j’en ai deux grandes et deux petites au dessus.

Scantius aegyptius

MON MODE DE VIE

Mes mets préférés sont les Mauves (Malvacées) et les Tilleuls. Ce sont leurs graines que j’apprécie particulièrement. Comme toutes les punaises, je me sers de mon rostre pour me nourrir. Je perce le fruit avec celui-ci et pompe allègrement et avec délectation. Mais n’ayez crainte, nous ne faisons pas de dégâts. Bien évidement je sais varier mon alimentation si mes végétaux favoris viennent à faire défaut.

Pyrrhocoris apterus se nourrissant

On ne peut pas me qualifier d’insecte social mais le moins que l’on puisse dire est que je ne suis pas un solitaire ! Il n’y a pas de secret c’est autour d’une bonne table que nous nous regroupons. En général d’ailleurs la plante nous sert aussi de dortoir. Toutes les générations se côtoient alors.

Groupe de Pyrrhocoris apterus

D’où viennent tous ces jeunes ? Les adultes passent l’hiver sous les écorces des arbres, dans des fissures et terriers. A la sortie de l’hiver, nous nous réchauffons et nous reproduisons. La femelle pond alors une bonne vingtaine d’œufs au sol, souvent dans la litière (feuilles mortes etc ...). Environ 2 mois après c’est l’éclosion et voilà les juvéniles dans le grand bain ! Il leur faudra environ 2 mois pour devenir adultes.

Alors, maintenant que l’on se connaît, vous ne me confondrez plus et ne me ferez plus la guerre ?


BIBLIOGRAPHIE
Pierre MOULET, 1995 - Faune de France 81 Hémiptères Coreoidea Euro Méditerranéens
Jean-Michel RENAULT, 2000 - La garrigue grandeur nature

PHOTOS
Vincent DERREUMAUX, Pierre DUHEM

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