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Les toiles d’araignées
De la toile géométrique à la toile irrégulière...
lundi 28 mai 2007

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Marina CHAVERNOZ / Sylvain DEJEAN - 01/07

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Vaste sujet que les toiles d’araignées ! La matière, les techniques de réalisation, les formes, l’utilisation que peut en faire l’être humain à travers la recherche, le domaine artistique... sont tous des éléments qui pourraient donner lieu à de très intéressants discours !
Pour le moment, nous allons nous contenter d’étudier un peu leur forme. Il faut savoir que certaines toiles sont spécifiques à une araignée, à un genre ou à une famille et que donc, une toile peut permettre « d’identifier » son occupante.

Quel est l’intérêt me demanderez vous ?! Il est plus facile d’identifier une araignée que sa toile....
Alors je vous répondrais : que faites vous si celle-ci n’est pas dans sa toile ? Je vous répondrais aussi : penchez vous un peu plus près des toiles et vous découvrirez les superbes chefs-d’œuvre de la nature, la finesse du fil, sa résistance, sa texture (collante ou non)...

La première chose à savoir c’est qu’il existe 2 catégories de toiles : les toiles irrégulières classées en différents types, tels que les toiles en nappes, en dôme, en réseau diffus, etc. nous y reviendrons plus tard... Et les toiles géométriques.
Les araignées qui construisent des toiles géométriques sont appelées les orbitèles.

LES TOILES GÉOMÉTRIQUES

Il s’agit d’un disque voire d’une portion de disque. Elle est composée de plusieurs éléments :

  • un cadre tendu entre différents éléments (brin d’herbe, branche, mur...) ;
  • des rayons allant du cadre au centre de ce cadre ;
  • un moyeu (pour la plupart des familles). C’est un fil tissé en spirale au centre qui sert à renforcer la toile ;
  • une zone libre ;
  • une spirale non gluante ;
  • une spirale gluante ;
  • et enfin un fil avertisseur pour les araignées ne restant pas sur leur toile. Ces dernières vont dans une « retraite » et sont reliées à la toile par ce fil. Ainsi, elles savent quand de la nourriture vient de se prendre dedans !

Les Orbitèles, en règle générale, reconstruisent systématiquement leur œuvre tous les jours. Elles la démontent et la mangent, avant de la refaire ! Comme quoi, nous n’avons rien inventé avec le recyclage...

Voici un schéma :
Schema d'une toile d'orbitèle

Alors, que faut-il regarder pour espérer identifier une toile d’orbitèle ?
Réponse : plusieurs éléments ! On s’en serait douté !

Il faut donc regarder :

  • sa dimension ;
  • son orientation (à l’horizontale, à la verticale, inclinée..) ;
  • sa position (entre 2 branches, sous un pont, au ras du sol, à hauteur de la tête...) ;
  • le nombre de rayons. Et oui, cet élément n’est pas énormément variable ! Pour exemple, informations tirées de la hulotte n°74 : la Meta menardi à une toile avec un nombre de rayons compris entre 8 et 18 alors que la Mangora acalypha fait une toile avec un nombre de rayons compris entre 40 et 60 ;
  • la période d’observation (espèces printanières, estivales ou automnales) ;
  • la forme du moyeu, celui-ci peut-être fermé, percé d’un trou, circulaire, ovale... ;
  • la présence d’éléments particuliers. Exemple : zones blanches correspondant aux stabilimentums (Argiope ssp), chapelet de débris (Cyclosa ssp)....

Exemples de moyeux :
Schema du moyeu de différentes toile d'orbitèle

Liste des seules familles que l’on peut classer parmi les Orbitèles :

LES TOILES IRRÉGULIÈRES

Les Araignées construisant des toiles dites "irrégulières" sont les plus nombreuses. Malgré le fait que l’on rencontre donc différents types de construction, il est parfois difficile d’attribuer une construction à une famille précise. En effet, des constructions similaires peuvent exister dans des familles différentes...

Quoiqu’il en soit on peut les séparer en 5 types différents : les tubes, les collerettes, les nappes, les dômes et les réseaux diffus. Ces pièges ne sont pas tous constitués de fils gluants comme les Orbitèles, mais l’entrelacs retarde assez la proie pour que l’araignée puisse avoir le temps de la capturer. Ces paramètres peuvent donc « aiguiller » sur la qualité de l’occupante !

Les pièges en Tubes :
Ils sont pour le coup typique d’une seule famille, les Atypidae.
Ce manchon sert à la fois de retraite (partie souterraine) et de piège (partie aérienne). Dissimulé dans les débris végétaux, il passe inaperçu des proies éventuelles. Celles qui s’y poseront seront capturées par l’araignée, en étant "mordues" à travers la soie et entraînées à l’intérieur pour y être dévorées.
Plus d’info ICI.

Les pièges en collerettes :
Ils sont de structures réduites et sont le prolongement de la retraite de l’araignée. En effet, l’araignée recherche un trou, une fissure, une écorce ou un pierre pour s’installer. Elle dispose ensuite juste à l’entrée des fils de soie sur les supports environnants. Ce sont eux qui serviront à alerter l’occupante d’une éventuelle proie se présentant à l’extérieur. Celle-ci sera capturée et entraînée à l’intérieur pour être mangée.
Familles utilisant ce piège :

Les pièges en nappes :
Ces pièges sont installés à des hauteurs différentes selon l’espèce et l’habitat. En règle générale, ils sont posés sur la végétation (herbes, buissons, encoignures, murs,...), et forment une surface épaisse très fournie (de plus en plus au fil du temps). Cette construction peut atteindre une taille considérable (> 50cm). En plus du support végétal qui soutient la structure, ils existent des fils verticaux qui tendent et supportent la toile. Ces derniers servent aussi d’obstacles pour gêner et faire tomber les proies sur la toile. L’araignée, d’une rapidité déconcertante, sort de sa retraite, pique la proie et l’emporte pour la manger. Il existe (souvent mais pas ce n’est pas systématique) une retraite ouverte aux 2 bouts pour une éventuelle fuite de l’araignée.
Famille la plus typique :

Les pièges en dômes :
Si les pièges en nappes sont de forme assez concave, les dômes sont plus convexes, mais de conception assez identique.
Ils sont aussi appuyés sur la végétation, mais il existe des fils de soutien au-dessus mais aussi en dessous. Les fils supérieurs servent également à intercepter le vol des éventuelles proies.
La partie inférieure (donc sous la toile) est dégagée, car c’est là que se trouve l’araignée. Elle vit à l’envers et mord ses proie à travers la toile. Pas de retraite dans cette structure, les proies sont consommées sur place.
Famille la plus typique :

Les pièges de fils diffus :
Comme l’évoque le nom de ces constructions, elles ne sont que des entrelacs de fils sans réelle organisation. Les araignées sont généralement à l’envers, sur des fils invisibles.

  • Les Pholcidae construisent des toiles dans les angles des maisons (mais aussi en grottes, en milieu naturel), dérangés, ils oscillent rapidement sur place.
  • Les Theridiidae rajoutent quelque fois à cette construction (sur végétaux, angle de fenêtre, grotte, ...) une sorte de retraite, sous la forme d’un hamac à l’envers où ils se réfugient pour manger leur proie. Les restes de ces derniers, ornent d’ailleurs cette partie de la toile.
  • Les Dyctinidae effectuent ces tissages sur des feuilles. La surface devient ainsi collante pour tout individu qui viendra s’y reposer. L’araignée n’a plus qu’à l’achever et la consommer sur place.

À l’inverse des Orbitèles ces pièges ne sont jamais détruits et reconstruits, ils sont simplement réparés et consolidés un peu plus chaque jour.


Voilà, à vous de jouer ! Soumettez vos photos ICI et nous tenterons ensemble de déterminer la propriétaire ! N’hésitez pas à compléter ou corriger les informations, un animateur se fera un plaisir de remettre tout cela dans l’ordre (tous les commentaires ICI).

A bientôt
Sylvain et Marina


BIBLIOGRAPHIE :
JONES D., 2000. - Guide des araignées et des opilions d’Europe - Delachaux et Niestlé : 237-239.
ROBERTS M. J., 1996. - SPIDERS Britain and Northern Europe - Collins Field guide : 61-75.
DEOM P., 1996. - Le petit guide des araignées à toiles géométriques 1ere et 2eme parties - La Hulotte n°73 et 74.
MASIAC Y., 1995 - Bien connaître les araignées - Éd. De Vecchi, 127 p.
HUBERT M., 1979 - Les Araignées - Éd. Boubée 277 p.