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Chilopoda - clé illustrée
Détermination de quelques genres et familles de France
vendredi 12 janvier 2007




Etienne IORIO - 01/07


AVERTISSEMENT : un groupe tel que les chilopodes ne peut pas être abordé de façon approfondie en ne se basant que sur des documents photographiques, d’aussi bonne qualité soient-ils ; moults examens sous binoculaire et autres préparations microscopiques s’avèrent nécessaires pour se faire. La note qui suit n’a pour seul but que de permettre au lecteur d’avoir une idée un peu plus précise des quelques chilopodes qu’il pourra éventuellement rencontrer lors de sorties naturalistes. L’ensemble est volontairement très simplifié, y compris au niveau de la classification (sous-classes, sous-familles, tribus non traitées). La détermination spécifique est inenvisageable ici, en dehors de rares cas (cf. Scutigera coleoptrata, espèces françaises du genre Scolopendra, Himantarium gabrielis).

En soulevant pierres, souches, écorces, vieux troncs en contact avec le sol, mousses (...) en forêt comme dans d’autres écosystèmes, le naturaliste pourra rencontrer...

4 ordres de la classe Chilopoda en France :

Clé illustrée des ordres visible dans le document pdf ci-dessous (Insectes n° 133 - 2004) :

La Lithobie à pinces, Lithobius forficatus
Etienne IORIO

SCUTIGEROMORPHA :

Une seule famille en France (Scutigeridae), incluant un seul genre et espèce dans notre pays : Scutigera coleoptrata (L., 1758).

Scutigera coleoptrata
Montage de clichés de Benoit Martha (Arthropa)
- Vue générale
- Détail de la tête (ocelles nettement visibles)
- Forcipules (vue face ventrale)

LITHOBIOMORPHA :

2 familles en France : Henicopidae et Lithobiidae ;

Clé simplifiée des familles françaises de lithobiomorphes :

  • 1 ocelle de chaque côté de la tête, ou absence d’ocelles ; aucune épine sur les pattes ................................ Henicopidae
  • Au minimum 3 ocelles de chaque côté de la tête, et jusqu’à plus d’une vingtaine selon les espèces (cliché 2) ; des épines sur les différents articles des pattes (cliché 1) ................. Lithobiidae

Dans le cas d’espèces Lithobiidae aperçues dans des grottes, certaines peuvent aussi être anophtalmes (= dépourvues d’ocelles), donc être sur ce point comme le Lamyctes coeculus Brolemann, 1889)(Henicopidae) ; ces espèces particulières sont des Lithobiidae troglobiontes (inexistantes dans la moitié Nord de notre pays). D’autre part, 2 ou 3 espèces de Lithobiidae sont pourvues de peu d’épines (ex : Lithobius (Sigibius) microps Meinert, 1868, qui est en plus de petite taille)

Cliché 1 - indications des épines caractéristiques d’un Lithobiidae (ici, des dorsales du préfémur 15)
Cliché 2 - Indication des ocelles caractéristiques d’un Lithobiidae

  • Henicopidae  : 1 seul genre en France
    • Lamyctes Meinert, 1868 ; deux espèces de ce genre dans notre pays.

  • Lithobiidae  : 3 genres en France
    • Eupolybothrus Verhoeff, 1907
    • Lithobius Leach, 1814 (sensu lato)
    • Harpolithobius Verhoeff, 1904.

Clé simplifiée des genres français de Lithobiidae :

Photos grossies en vue ventrale indispensables pour certaines observations (pores coxaux)

  • 1.
    • première paire de pattes très épaisse, cet aspect étant flagrant par rapport à celui des pattes suivantes .......................... Harpolithobius
    • première paire de pattes normale ............................ 2

  • 2.
    • pores coxaux des 4 dernières paires de pattes peu nombreux (2 à 11 par hanche) et disposés en une seule rangée ...................... Lithobius (sensu lato)
    • pores coxaux des 4 dernières paires de pattes nombreux (de 20 à plus de 60) et disposés en plusieurs rangées ................................ Eupolybothrus
      • Harpolithobius : une seule espèce de ce genre connue très récemment comme étant présente en France : H. anodus (Latzel, 1880) m’envoyer le spécimen pour confirmation si ce cas se présentait
      • Lithobius (sensu lato) : 3 sous-genres en France : Lithobius Leach, 1814, Monotarsobius Verhoeff, 1905 et Sigibius Verhoeff, 1905.
      • Eupolybothrus : au moins deux espèces en France, et une ou deux potentiellement présentes mais non encore confirmées.

Clé simplifiée des sous-genres de Lithobius :

  • 1.
    • les antennes comportent au moins 30 articles ; chez certaines espèces, des prolongements dentiformes existent aux bords postérieurs des tergites 9, 11 et 13, ou plus rarement aux tergites 7, 9, 11 et 13 ou 6, 7, 9, 11 et 13 .................... s.-g. Lithobius
    • les antennes comportent moins de 30 articles ; les tergites sont toujours dépourvus de prolongements dentiformes ............. 2

  • 2.
    • les antennes comportent en général 25 articles (amplitude de variation 24 à 28) .................................. s.-g. Sigibius
    • les antennes comportent en général 20 articles (amplitude de variation 18 à 21) ............................. s.-g. Monotarsobius
      • Lithobius (s. str.) : nombreuses espèces en France.
      • Sigibius : 1 espèce connue en France : Lithobius (Sigibius) microps Meinert, 1868
      • Monotarsobius : 3 espèces actuellement connues en France.

SCOLOPENDROMORPHA :

Clé simplifiée des familles de France :

  • Scolopendromorphe de grande ou très grande taille (de 40 à 120 mm), d’aspect très massif, disposant d’ocelles de part et d’autre de la tête (4 de chaque côté) ..................................................................... Scolopendridae
  • Scolopendromorphe de taille faible à grande (de 12 à 50 mm), d’aspect grêle, anophtalme (= dépourvu d’ocelles) ............ Cryptopidae

    • Scolopendridae : 1 seul genre en France : Scolopendra L., 1758 (cliché 3) ; 2 espèces dont une exclusivement connue de Corse à l’heure actuelle.
Cliché 3 - Scolopendra cingulata Latreille, 1829 (Scolopendridae)
Etienne IORIO
Fontvieille - Bouches-du-Rhône

    • Cryptopidae : 1 seul genre en France : Cryptops Leach, 1814 (cliché 4) ; 7 espèces dans notre pays.
Cliché 4 - Cryptops parisi Brolemann, 1920 (Cryptopidae)
Etienne IORIO : France : 13 4 2003 : Metz (Fort de Queuleu) : 57
altitude : 220 m - taille : 22 mm
ref : 10087


Clé simplifiée des espèces françaises du genre Scolopendra :

  • adultes atteignant de 40 à 60 mm, voire plus rarement 68 mm ; un fin sillon médian-longitudinal sur le tergite 21 (connue seulement de Corse actuellement) ................ Scolopendra oraniensis Lucas, 1846
  • adultes atteignant de 80 à 100 mm, voire plus rarement 120 mm ; pas de sillon médian-longitudinal sur le tergite 21 (cf. clichés 5 et 6) (quasiment toutes les régions circuméditerranéennes) .......... Scolopendra cingulata Latreille, 1829
Cliché 5 : Scolopendra cingulata - segments 20 et 21, vue dorsale, avec indication d’un fin sillon paramédian du tergite 20
Cliché 6 : S. cingulata - segments 20 et 21 d’un autre ex. montrant les sillons paramédians du tergite 20 (flèches vertes) ; la croix rouge indique l’endroit où il faut observer la présence (oraniensis)/absence (cingulata) du sillon médian du tergite 21 (d’aspect semblable aux sillons paramédians du t. 20 quoique plus fin)

Nota : l’observation du sillon tergal du tergite 21 nécessite une photo grossie, très nette et un surtout un éclairage optimal ; ainsi, sur le cliché 6 nous voyons les sillons paramédians du t. 20 nettement, mais il n’est pas possible de séparer cingulata et oraniensis sur celui-ci car le fin sillon médian-longitudinal du t. 21 passerait inaperçu à cause de l’importante zone d’ombre à l’endroit concerné ! Le cliché 5 est plus parlant et on voit plus nettement l’absence de sillon sur le t. 21, bien qu’il demeure un peu flou.

GEOPHILOMORPHA :

6 familles représentées en France, et de nombreux genres et espèces dans celle-ci. La détermination d’après photos est quasiment impossible même au niveau familial.

Tout au plus, nous pouvons faire les remarques suivantes :

- dans le cas où l’on se trouve en présence d’un spécimen de cet ordre de taille supérieure à 80 mm pourvu de plus d’une centaine de paires de pattes, il y a une très forte probabilité que nous nous trouvions en présence d’un Himantariidae.

- dans le cas où on se trouve en présence d’un géophilomorphe ayant plus de 151 paires de pattes et excédant la taille de 120 mm, il y a une forte probabilité qu’il s’agisse de l’espèce Himantarium gabrielis (L., 1767) (Himantariidae) ; on pourra en avoir confirmation à l’aide d’une photo grossie de la face dorsale du dernier segment pédifère du spécimen : si un profond et large sillon médian-longitudinal est présent sur le prétergite et tergite du segment concerné, on aura l’assurance qu’il s’agit d’H. gabrielis (cliché 7).

Cliché 7 : derniers segments pédifères d’Himantarium gabrielis (L., 1767). On note le profond sillon médian-longitudinal sur le prétergite et tergite du dernier segment pédifère (flèche verte), qui croise la division transversale entre les plaques tergales concernées.

Travail réalisé à l’aide d’observations et de notes personnelles, et des références bibliographiques suivantes :

  • BROLEMANN H. W., 1930. - Éléments d’une faune des myriapodes de France. Chilopodes. Faune de France, 25. Imprimerie Toulousaine, Toulouse ; P. Lechevalier, Paris : 1-405.
  • EASON E. H., 1982. - A review of the north-west European species of Lithobiomorpha with a revised key to their identification. Zoological Journal of the Linnean Society, 74 : 9-33.
  • IORIO E., 2006. - La faune des Chilopodes du Massif Armoricain : biologie, liste préliminaire et détermination des espèces. Mémoires de la Société linnéenne de Bordeaux, 7 : 1-73.
  • IORIO E. & GEOFFROY J.-J., 2006. - Contribution à la connaissance de Scolopendra oraniensis H. Lucas, 1846 (Chilopoda, Scolopendromorpha, Scolopendridae). Le Bulletin d’Arthropoda, 27 : 48-51.
  • IORIO E. & MINELLI A., 2005. - Un Chilopode confirmé pour la faune de France : Cryptops umbricus Verhoeff, 1931 (Scolopendromorpha, Cryptopidae). Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 74 (4) : 150-157.
Post Scriptum :

Les photos aussi nettes que celles de Dimitri m’ont encouragé à écrire ceci, mais il se peut que certains critères exposés ici demeurent malgré tout peu aisés à apercevoir par ce biais, c’est expérimental nous dirons ! rien ne vaut une bonne loupe binoculaire ;-)

Je tiens à remercier Bruno, Benoît et Vincent pour leur aimable contribution photographique à ce document, ainsi qu’Arno pour son aide concernant la mise au point avec le logiciel SPIP.

Bien cordialement,
Etienne

J’aimerais recueillir votre avis sur l’utilité et l’aspect pratique de cette clé illustrée et j’ai pour cela ouvert un sujet dédié
Merci de vos commentaires !

Dernière mise à jour :
jeudi 2 mars 2017