Pycnogonides : Présentation

Scorpions, pseudoscorpions…

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LHommeInvisible
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Pycnogonides : Présentation

Message par LHommeInvisible » samedi 16 janvier 2016, 19:29

Vu que quelques posts commencent à apparaître sur le sujet, et pour encourager cet élan d'intérêt vers un groupe aussi remarquable, j'avais dit que j'essaierai de rédiger une note avec les bases sur l'identification et quelques remarques générales. Il est évident que l'introduction de ce groupe d'arthropodes marins n'est pas à première vue des plus cohérentes avec les ambitions du forum... Mais après tout, l'entomologie, c'est surtout un état d'esprit! :mrgreen: Si certains ne sont pas d'accord avec cela, je les prie de bien vouloir excuser mon excès de zèle et j'appelle à leur tolérance pour un petit taxon qui a bien besoin de passionnés. Merci d'avance.
Il est également de bon ton de vous informer que, si j'ai l'insigne honneur d'être le porteur du post, ce document (et notamment la liste des espèces de France) n'aurait sans doute pas été sans la co-écriture admirable et le travail acharné de notre breton préféré, j'ai nommé entonantes44.

N'hésitez pas à me contacter pour la biblio citée ou d'autres informations.


Classe Pycnogonida Latreille, 1810

Présentation - On compte aujourd'hui environ 1386 espèces de pycnogonides décrites réparties sur l'ensemble du globe, des côtes rocheuses baignées de lumière aux sources hydrothermales les plus enfumées. La biodiversité des pycnogonides a été particulièrement bien explorée en Antarctique, où l'on trouve les espèces les plus grandes. Cependant, les mers australes sont loin de présenter la très riche diversité de formes qu'arbore le groupe (malgré sa faible diversité numérique), et le faible nombre de spécialistes dans le monde ne permet pas de combler le fossé.

Phylogénie et Paléontologie - Où se placent donc ces joyeuses étrangetés dans l'arbre de nos bestioles articulées préférées? Voilà un problème corsé : si dès l'origine, une proximité avec les chélicérates a été soupçonnée, le sujet a toujours été vivement discuté : en effet, les caractères pour les rapprocher de ces derniers sont légers - les chélifores, homologues aux chélicères? Ou la forme de "pinces" des premiers articles arthropodiens ne seraient-ils pas juste la forme plésiomorphe? Le sujet reste ouvert. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, les partisans d'une proximité avec les crustacés, et ceux qui soutiennent la théorie du chélicérate se sont fait la part belle des débats sur les pycnogonides... Quelques outsiders ont même proposé le proboscis comme une preuve de l'appartenance des pycnos au phyllum des Annélides, quand d'autre concluaient que, si l'on ne pouvait se décider à les mettre dans les crustacés ou les chélicérates, c'est que ce doit être des myriapodes (ça c'est de la systématique!). Vers le milieu du siècle dernier, le grand spécialiste historique des pycnogonides, l'américain Joel W. Hedgpeth, se prononce lui pour une théorie toute différente : les pycnogonides seraient le groupe frère de tous les autres arthropodes réunis dans le clade des Cormogonides. Le bulldozer des analyses phylogénétiques moléculaires n'a pas réellement permis de trancher définitivement la question : outre quelques cas d'attractions des longues branches manifestes qui plaçaient les pycnogonides en groupe frère des Acariens (ui ui), on retrouve généralement les deux résultats préférés à l'heure actuelle : la théorie des Cormogonides, et celles des Euchélicérates (qui met les pycnogonides en chélicérates, groupe frère des euchélicérates regroupant arachnides et xyphosures). Pour connaître plus en détail l'histoire de ces controverses, voir l'article de Dunlop & Arango (2004).
Malheureusement, les fossiles des pycnogonides ne nous permettent pas plus de comprendre l'origine du taxon. Le plus ancien fossile admis comme appartenant à un pycnogonide date du Silurien (un fossile fortement douteux a été décrit du Cambrien, mais tout porte à croire qu'il s'agirait d'un crustacé), et ce ne sont au final que dix espèces fossiles qui ont été répertoriées jusqu'à maintenant. Ces fossiles présentent déjà de très grandes particularités morphologiques, qui ne permettent donc pas d'établir de relations claires avec un autre groupe arthropodien. La plupart des fossiles connus ne semblent pas appartenir à la même lignée que les pycnogonides actuels (nommés pantopodes) et présentent d'ailleurs des caractères et des adaptations que l'on ne retrouve pas chez les espèces modernes (citons notamment le bien nommé Palaeoisopus problematicus Broili, 1928† du Dévonien, avec son long abdomen articulé, ses pattes aplaties adaptées à la nage, ses chélifores à 3 scapes, etc.). Parmi les 5 espèces considérées comme pantopodes, seules 3 semblent appartenir à des familles actuelles - et encore, sans que l'on se mette d'accord sur les familles en question ; elles viennent toutes de la même localité (La-Voulte-sur-Rhône), site datant du Jurassique. Et c'est en effet à cette époque que semblent être apparues les familles modernes. Ce laps de temps qui sépare la diversification des Arthropodes (Cambrien) et celles des Pantopodes (Jurassique) explique sans doute largement la difficulté que nous avons à placer les pycnogonides sur des critères morphologiques ou moléculaires, d'autant plus s'il s'agit d'un phénomène de radiation évolutive (évolution rapide) comme le suggèrent beaucoup d'auteurs.

Traits de vie - "Les Pycnogonides sont un groupe d'arthropodes exclusivement marins", c'est ainsi que commencent la plupart des articles. Mais encore? Les pycnos sont des animaux relativement calmes, voire lymphatiques : ils ont un mode de déplacement lent (youtube!) quoique certains groupes arrivent à faire des "burst" qui leur permettent de nager. Ce comportement quelque peu ralenti est vraisemblablement lié à leur mode de respiration, qui est uniquement tégumentaire. Pas pratique direz-vous? Mais c'est que le corps des pycnos est parfaitement adapté à ce type de respiration : ils sont avant tout remarquables par la forte réduction du corps et par la finesse des pattes. Ils ont ainsi un rapport surface/volume favorable à ce type de respiration, à condition donc, de ne pas trop se dépenser. Le fait que les espèces polaires soient plus grosses est d'ailleurs possiblement lié avec la plus forte quantité d'oxygène dissoute dans les eaux froides. La réduction du corps a d'autres conséquences. Le volume interne du corps étant à peine supérieur à celui d'une chambre étudiante à Paris, les colocataires organes manquent de place, et débordent... dans les pattes! C'est le cas des organes sexuels, mais ausi de caeca digestives, allant parfois jusqu'à l'extrémité distale des pattes... Littéralement, les pycnogonides ont l'estomac dans les talons!
La bouffe! parlons-en. On peut être légèrement surpris d'apprendre que ces bestioles, dont l'énergie correspond à peu près à moi en me levant le matin, sont décrites comme des "prédateurs voraces". Bonjour la panthère! Rassurez-vous damoiselles, damoiseaux, si jamais vous êtes pris en chasse par ce redoutable prédateur, vous devriez pouvoir vous en sortir. A moins que vous soyez un polype, un bryozoaire, ou un mollusque! Les pycnogonides ponctionnent leurs proies avec leur proboscis, voire les absorbent complètement si elles sont assez petites. Slurp!
Permettez-moi enfin de vous apprendre que les pycnogonides sont des hommes modernes. Pendant que madame vaque à ses occupations, les mâles de la plupart des familles auront à coeur de prendre soin de leur chère marmaille en les portant sur leurs ovigères. Les oeufs éclos, ils donnent naissance à des larves dites protonymphons qui vont rester plus ou moins longtemps sur papa, avant de vivre leur vie de parasite, généralement d'hydrozoaires! Certaines larves sont aussi planctoniques (notamment le genre Nymphopsis) ou quittent rapidement l'adulte (Pycnogonidae). Certains groupes présentent un développement direct. Les exceptions à tout ceci étant les Colossendeidae et les Austrodecidae pour lesquels... Eh ben on sait pas ce qu'ils font de leurs oeufs, bigre!

Cycle de vie - On connait encore mal le cycle de vie de ces animaux. Quelques études ont été faites sur des espèces courantes du littoral, notamment Pycnogonum littorale (voir Tamaschko et al. 2007). Tout commence avec la larve protonymphon : elle possède des chélifores développées avec des chelae, ainsi que les deux autres paires d'appendices céphaliques encore non différenciés, au rôle locomoteur - contrairement à d'autres familles, la larve protonymphon de Pycnogonidae ne reste pas sur l'adulte et va parasiter un hydrozoaire . Chez Pycnogonum littorale, la protonymphon fait 5 mues (en comptant la mue "nymphale", si vous voyez ce que je veux dire). Les deux premières augmentant principalement la taille de l'animal. La troisième apporte un premier segment thoracique et la paire de pattes qui va avec. Puis une deuxième paire... A la 5e mue, on obtient un juvénile (possédant la plupart des caractères de l'adulte) avec 3 paires de pattes et un bourgeon de 4e segment thoracique. Suit alors 5 à 7 mues qui nous amène à l'adulte (et on passe de parasite d'hydrozoaire... à parasite d'anémone ; on se refait pas, hein!). Les pycnogonides sont gonochoriques, et le mâle et la femelle se rencontrent pour la fécondation. Chez Pycnogonum littorale, le mâle monte sur la femelle pour féconder les oeufs à la sortie des coxae 2 (4e paire de pattes chez les Pycnogonidae), mais d'autres espèces fécondent les oeufs par application de leur semence avec leurs ovigères (un peu comme la première paire de pléopodes chez les écrevisses). Le mâle récupère alors les oeufs... Vous connaissez la suite.

Morphologie externe - Je vous vois trépigner petits canailloux, la théorie c'est bin jolie mais la morpho y a que ça de vrai, c'est ça? Eh bien! Voyons un peu cela...
Le corps du pycnogonide se divise comme suit :
> le céphalon, ou céphalothorax. C'est la fusion de la tête et du premier segment du tronc. Il porte le proboscis, le tubercule oculaire généralement serti de 4 yeux, 3 paires d'appendices céphaliques et la première paire de pattes.
> le tronc. Remarquablement réduit, il s'articule généralement en 3 segments plus le segment du céphalothorax, mais quelques soirées évolutives bien arrosées ont aussi donné quelques espèces à 4 voire 5 segments (voir plus haut). Les segments peuvent être fusionnés ou non selon les familles, voire selon les genres ou les espèces. Chaque segment du tronc porte des extensions latérales appelées processus latéraux, ou crurigères, auxquels se connectent les pattes.
> l'abdomen. Plus ou moins réduit chez les espèces, mais toujours remarquablement petit et surtout reliquaire. Chez les espèces actuelles, l'abdomen ne porte pas d'articulation, et la plupart des groupes (à l'exception notamment des Ascorhynchidae) voient leur articulation thorax/abdomen fusionnée. A l'extrémité de cet abdomen, sans surprise, un anus.
Ca c'est pour les somites. Mais revenons un peu sur les articles et le proboscis, de l'avant vers l'arrière:
> Le proboscis. C'est cette trompe que l'on trouve à l'extrémité antérieure de l'animal. Il peut être très petit, ou plus grand que le reste de l'animal, faites votre choix. Le proboscis est tripartite : deux ventro-latérales, et une dorsale. Il s'agit donc d'une structure tri-radiée, qui reflète la structure de l'ensemble du tube digestif - fait intéressant, puisque ce caractère est une synapomorphie des Panarthropodes, mais disparait chez pratiquement tous les Arthropodes. La forme du proboscis varie beaucoup, mais la palme revient aux Austrodecidae, chez lesquels il prend une forme de pipette généralement annelée.
> Les chélifores. ChéliFORES! Le premier qui me dit "chélicères" finira en bocal à la zoothèque. Evidemment, l'homologie avec ces dernières est une hypothèse séduisante... Les chélifores comportent généralement un scape mono- ou bi-articulé, portant des pinces plus ou moins développées, nommées les chelae. C'est généralement le dactyle ventral qui est mobile, à l'exception des genres Decolopoda et Dodecolopoda (Colossendeidae), ceux là sont thumbs up! Ces chelae sont le plus souvent réduites à l'état de manchon chez les adultes Ammotheidae et Ascorhynchidae. Les chélifores, eux, sont absents chez les Austrodecidae, Colossendeidae (sauf ceux que j'ai cité il y a un instant), les Endeidae, les Pycnogonidae et les Rhynchothoracidae.
> Les palpes. A mettre en rapport avec les pédipalpes des chélicérates inférieurs :mrgreen:. Avec un nombre variables d'articles. Absentes chez les Endeidae, les Phoxichilidiidae, les Pycnogonidae, et les femelles de certains Callipallenidae. Ils sont réduits à un bourgeon chez les Pallenopsidae et certains Phoxichilidiidae.
> Les ovigères. Au nombre d'articles et à la forme variables, presque une forme par famille. Elles mériteraient un post à part... Pour la plupart des familles, elles ont un rôle uniquement chez les mâles, et les femelles des Endeidae, des Phoxichilidiidae et des Pycnogonidae en sont dépourvues.
> Les pattes. De proximal à distal : coxa 1, 2, 3 (la deuxième porte les pores sexuels), fémur, tibia 1, 2, tarse, propode, griffe principale éventuellement flanquée de 2 (exceptionellement 1) griffes auxiliaires.
ImageImage
Réf. : 155864 ; Réf. : 155863
Capture et conservation - Ne vous attendez pas à ramasser des pycnos en abondance après trois coups d'épuisette dans la première flaque d'eau de mer que vous croiserez sur votre chemin. Les pycnogonides sont des animaux plutôt rares et discrets, et rares sont ceux qui les pêchent volontairement. R. N. Bamber, sujet de Her Majesty, exposait en 2010 la méthode de récolte suivante : récoltez des algues (e.g. Corallina, Griffithsia, Cladophora) et déposez-les en mille-feuille dense dans un filet d'eau de mer dans un cristallisoir et une boîte de pétri. Attendez quelques heures à faible luminosité. L'oxygène se raréfiant, des pycnogonides essoufflés ne devraient alors plus tarder à remonter à la surface en quête oxygène. Piquez alors les malheureux à l'aide d'une pince souple et fine. La recherche simple à la bino dans des sédiments ou des algues, et parfois même la chasse à vue, peuvent également porter leurs fruits. Pensez à chercher également sous les pierres dans les zones intertidales notamment auprès des anémones ; les plongeurs sont invités à en faire autant. Dans ce cas, vous risquez cependant de ne pas les voir : la technique secrète du pycnogonologue, c'est alors de brosser les pierres dans une bassine d'eau, et ensuite de récupérer (filtrer l'eau en question). En plus ça nettoie la plage! Le pycnogonide est écologique.
Pour tuer les animaux dans une conformation "confortable" (éviter l'effet velcro, le repli des pattes sur le corps... etc.), mettez les au frigo, ou utilisez de l'acétate d'éthyle dont vous pourrez mettre une goutte dans l'eau du récipient dans lequel vous l'aurez préalablement déposé... Evitez l'inhalation!! Ceci fait, mettez délicatement l'animal dans l'alcool à 70°, et passez après quelques jours/semaines de fixation dans l'alcool absolu, dans le but de conservez l'ADN que se fera un plaisir de séquencer votre serviteur.

Identification des familles - Voilà une clef des familles qui fait la synthèse de celles que j'ai croisé jusqu'à maintenant - elle est censée marcher à l'échelle mondiale, au moins pour les adultes (voire note plus bas). Je ne vous promets pas qu'elle ne va pas évoluer.

0. Proboscis en pipette, le plus souvent anelé; 1 à 6 articles aux ovigères, palpes présents, chélifores absents, tubercule oculaire souvent en diagonal................................Austrodecidae
Proboscis différent.......................................................................................................................................................................................................................1
1. Chélifores et palpes présents ; ovigères chez les deux sexes..................................................................................................................................................................2
Chélifores et/ou les palpes absents ou très réduits.................................................................................................................................................................................5
2. Chélifores ou chelae vestigiaux (à de rares exceptions). palpes de 4 à 10 articles..........................................................................................................................................3
Chélifores et chelae bien développés et fonctionnels, ovigères à 10 articles au strigilis bien développé, portant une unique rangée d'épines................................................4
3. Ovigères avec griffe terminale; strigilis bien développé et portant deux rangées d'épines, articulation souvent visible entre abdomen et thorax....................................................Ascorhynchidae
Ovigères le plus souvent sans griffe terminale, strigilis "déformé"( :0017: ) ou absent ( :0016: ), avec peu d'épines non organisées en rangées.........................................................Ammotheidae
4. Palpes à 5 articles, toujours présents, strigilis avec griffe terminale..................................................................................................................................................Nymphonidae
Palpes absents, 1, 2 ou 4 articles chez les mâles, toujours absents chez les femelles, strigilis avec ou sans griffe terminale............................................................................Callipallenidae
5. Palpes manquants; strigilis sans épine........................................................................................................................................................................6
Palpes présents, chélifores absents, strigilis avec épines et griffe...............................................................................................................................................................10
6. Chélifores présents, fonctionnels; palpes absents ou très réduits, ovigères présents ou absents chez les femelles, strigilis sans griffe terminale.....................................................................................................7
Chélifores manquants, strigilis avec ou sans griffe terminale.....................................................................................................................................................................................................8
7. Palpes complètement absents, ou rarement réduits; ovigères de 6 à 8 articles chez les mâles, absents chez les femelles.................................................................Phoxichilidiidae
Palpes à l'état de bourgeons assez massifs, en forme de "joues"; ovigères à 10 articles, toujours présents, strigilis "déformé" pourvus de soies remplaçant les épines...............................Pallenopsidae
8. Palpes absents, ovigères absents chez les femelles.............................................................................................................................................................................9
9. Corps fin, ovigères toujours à 7 articles, seulement chez les mâles................................................................................................................................................Endeidae
Corps robuste ou trapu, de 7 à 9 articles aux ovigères avec une griffe terminale, seulement chez les mâles (et encore, pas tous!)...................................................................................................Pycnogonidae
10. Palpes à 10 articles, ovigères à 10 articles chez les deux sexes, strigilis avec des champs d'épines et griffe terminale. De taille souvent remarquable...............Colossendeidae
Palpesà 4 articles, ovigères à 9 ( :0016: ) ou 10 ( :0017: ) articles , strigilis avec quelques épines, griffe terminale présente. absolument minuscule (tronc d'à peine un millimètre de large)................................................................................................................................Rhynchothoracidae

N.B.: Chez les Ammotheidae, les chelae des juvéniles sont toujours complètement développées (elle ont généralement un aspect d'"anneau nasal". Plus généralement chez les pycnogonides, les ovigères ne sont pleinement développés que chez les adultes. Ils peuvent être très réduits (voire pratiquement absents) chez les jeunes. On peut reconnaître les juvéniles à leur teint plus clair (transparent), leur petite taille, et parfois à leurs P4 plus courtes voire à l'état de bourgeons (elles se développent plus tard que les autres).
Il faut donc tenir compte de ces informations si vous comptez utiliser cette clef pour identifier un juvénile.

Faune des côtes de France, de Belgique, et de leurs environs (prof. < 100m)
Méditerranée : Md ; golfe de Gascogne : G ; Manche : Ma ; Mer du Nord : N.
Quand c'est possible, les photos en galerie sont mises en lien avec les espèces. La liste est susceptible d'évoluer.

...

Famille Ascorhynchidae Hoek, 1881
Genre Ascorhynchus Sars, 1878
A. arenicola (Dohrn, 1881) Md
A. castelli (Dohrn, 1881) Md
A. simile Fage, 1942 Md

Genre Nymphonella Ohshima, 1927
N. tapetis Ohshima, 1927 Md (espèce qui fait des ravages sur les bivalves, notamment au Japon).

Famille Ammotheidae Dohrn, 1881
Genre Achelia Hodge, 1864
A. echinata Hodge, 1864 Md, G, Ma, N
A. laevis Hodge, 1864 Ma, N
A. langi (Dohrn, 1881) Md
A. simplex (Giltay, 1934) Md?, G, Ma
A. vulgaris (Costa, 1861) Md, G, Ma

Genre Ammothea Leach, 1814
A. hilgendorfi (Böhm, 1879) Ma?, observée dans la Manche et en Méditerranée à l'étranger, d'origine pacifique.

Genre Ammothella Verrill, 1900
A. appendiculata (Dohrn, 1881) Md
A. biunguiculata (Dohrn, 1881) Md
A. longioculata (Faraggiana, 1940) Md, G?, Ma
A. longipes (Hodge, 1864) Md, G, Ma, N
A. uniunguiculata (Dohrn, 1881) Md

Genre Neotrygaeus Munilla & Alonso-Zarazaga, 2014
N. communis (Dohrn, 1881) Md Il y a une sorte d'imbroglio taxonomique qui fait qu'on le retrouve dans WoRMS à la fois dans les genres Trygaeus Dohrn, 1881 et Neotrygaeus Munilla & Alonso-Zarazaga, 2014. Je n'ai pour l'instant pas d'explication exacte, mais il y a dû y avoir des problèmes de taxo qui méritaient émendation. Affaire à suivre.

Genre Paranymphon Caullery, 1896
Paranymphon spinosum Caullery, 1896 Md

Genre Tanystylum Miers, 1979
T. conirostre (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma
T. orbiculare Wilson, 1878 Md


Aschorhynchoidea incertae sedis
Genre Hannonia Hoek, 1881
H. echinata Stock, 1990 Ma, un seul spécimen connu capturé à Roscoff.


Famille Nymphonidae Pocock, 1904
Genre Nymphon Fabricius, 1794
N. brevirostre Hodge, 1863 G, Ma, N
N. gracile Leach, 1814 Md, G, Ma, N
N. grossipes (Fabricius, 1780) N
N. hirtum (Fabricius, 1780) G, Ma, N


Famille Callipallenidae Hilton, 1942
Genre Callipallene Flyn, 1929
C. acribica Krapp, 1975 Md
C. brevirostris (Johnston, 1837) Md, G, Ma, N
C. emaciata (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma
C. phantoma (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma?
C. spectrum (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma
C. tiberi (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma, N?

Genre Pseudopallene Wilson, 1878
P. circularis (Goodsir, 1842) Ma, N


Famille Phoxichilidiidae Sars, 1891
Genre Anoplodactylus Wilson, 1878
A. angulatus (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma
A. massiliensis Bouvier, 1916 Md
A. petiolatus (Krøyer, 1844) Md, G, Ma, N
A. pygmaeus (Hodge, 1864) Md, G?, Ma, N
A. robustus (Dohrn, 1881) Md
A. virescens (Hodge, 1864) Md, G, Ma

Genre Phoxichilidium Milne-Edwards, 1840
P. femoratum (Rathke, 1799) Ma, N


Famille Endeidae Norman, 1908
Genre Endeis Philippi, 1843
E. charybdaea (Dohrn, 1881) Md, G?, Ma
E. spinosa(Montagu, 1808) Md, G, Ma, N


Famille Pycnogonidae Wilson, 1878
Genre Pycnogonum Brünnich, 1764
P. litorale (Strøm, 1762) G, Ma, N
P. nodulosum Dohrn, 1881 Md
P. plumipes Stock, 1960 Md
P. pusillum Dohrn, 1881 Md


Famille Rhynchothoracidae Fry, 1978
Genre Rhynchothorax Fry, 1978
R. anophtalmus Arnaud, 1972 Md
R. alcicornis Krapp, 1973 Md
R. mediterraneus Costa, 1861 Md, G?
R. monnioti Arnaud, 1974 Md
R. voxorinus Stock, 1966 Md
Modifié en dernier par LHommeInvisible le vendredi 12 mai 2017, 8:36, modifié 25 fois.
LHI,

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Pycnogonides : Présentation

Message par vanderbergh » samedi 16 janvier 2016, 21:07

:0024: :0024: :0024:

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Pycnogonides : Présentation

Message par Dip » samedi 16 janvier 2016, 21:44

Un très grand Merci!!!
C'était très intéressant! Je ne sais pas si je trouverai beaucoup de ces bêtes, mais je penserai à elles en bord de mer!
Didier.

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Message par pdubois » samedi 16 janvier 2016, 22:25

Super document, merci !
Même si je ne pense pas en croiser beaucoup dans la Loire... :mrgreen:
La prochaine fois que je serai en bord de mer je serai plus attentif....

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Pycnogonides : Présentation

Message par vagans » dimanche 17 janvier 2016, 23:02

:0024: à vous deux, initiative très sympa que cette présentation !
Je t'en garderai si j'en trouve, mais bien qu'ayant la mer à portée de palpe, je n'en ai encore jamais croisé !

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Message par LHommeInvisible » lundi 18 janvier 2016, 11:30

Merci tout le monde! ^^

Eh oui le grand problème des pycnos, c'est que si on ne les cherche pas spécifiquement, il y aura peu de chance qu'on les trouve. D'un part parce qu'ils sont discrets, de l'autre parce que les populations ne sont que rarement denses.
LHI,

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Message par vincesap » mardi 19 janvier 2016, 17:15

Un peu à la bourre, pour changer :lol: . Oui, comme tous les autres, superbe travail, parfaitement complet ! Si ça ne donne pas envie aux membres de s'y mettre, je ne sais pas ce qu'il faut faire...

Quelques petites remarques, en vrac :
- impec la légende des espèces en fonction de l'étendue d'eau, très utile :bienvu:
- concernant les schémas, il faudrait citer la source s'il te plait, et s'assurer que la reproduction est autorisée avant de pouvoir l'enregistrer en galerie (au pire, on supprimera, pas bien méchant)
- je peux d'ores et déjà mettre un lien vers le présent sujet dans le sujet Bibliographie des autres chélicérates, pour en augmenter la visibilité et faire que le sujet ne parte pas dans les méandres de ce forum (même si méandres n'est pas le meilleur terme pour une section qui totalise 11 pages de sujets...). Malgré tout, la meilleure place pour ce genre de sujets, à ce points complets, serait sans doute de le transformer en fiches (tiens, d'ailleurs, il faudra changer le nom de la rubrique : arachnides => chélicérates). Je vais demander à Pierre ou aux modos qu'ils t'ouvrent la section spip.
Vincent Valli dit Vince, collectionneur de taxons
=> 1600 le 22/05/16 (cf lien internet dans mon profil)


On avance, pas toujours en ligne droite, mais on avance ! (olivier9099)

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Message par LHommeInvisible » mardi 19 janvier 2016, 18:38

Pas de source à citer, le dessin c'est mon mien. Et je m'autorise à le diffuser :-P

Transformer en fiche, je veux bien, mais le contenu reste-t-il alors éditable? Je suis à peu près sûr que la liste d'espèces, la clef, et les fautes d'orthographes :roll: vont évoluer.
Et puis tant qu'à faire, vu que je bosse sur la phylo de ces machins, je ne vais pas me priver d'ajouter une section phylo interne si je commence à avoir des résultats solides...
LHI,

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Message par vincesap » mardi 19 janvier 2016, 19:03

J'ai demandé l'ouverture pour Brendan et toi de la section SPIP. Franchement, concernant l'édition des fiches, je n'en sais rien, je ne maitrise pas. Mais demande-le leur, ils sauront t'aider.

Quant à ton schéma, n'hésite pas à te citer toi-même, après tout : quitte à avoir un spécialiste sous la main, autant il se vende un peu, que diable ! :wink:
Vincent Valli dit Vince, collectionneur de taxons
=> 1600 le 22/05/16 (cf lien internet dans mon profil)


On avance, pas toujours en ligne droite, mais on avance ! (olivier9099)

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entonantes44
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Pycnogonides : Présentation

Message par entonantes44 » vendredi 22 janvier 2016, 22:20

Merci à tous,

on attend avec impatience les posts de rencontres pycnogonidales qui pourraient être faîtes à l'occasion d'un tour sur l'estran :wink: .

Pourquoi pas une fiche Spip, mais mieux Spirou ou Fantasio :0005:. Comment y accède-t-on?
Brendan

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