Bourse de Perpignan

Les sujets qui n’ont pas leur place ailleurs et qui méritent d’être conservés.
Sujets qui ne trouvent pas leur place ailleurs et qui doivent être gardés

Ouvrez vos sujets dans “Futile ou temporaire”
ils seront déplacés ici, le cas échéant.
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Entomofou
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Message par Entomofou » mardi 5 septembre 2017, 21:54

Je copie ici un mail de Serge Peslier reçu aujourd'hui.. .

Adieu la Bourse, vive d’autres rencontres

L’un des attraits majeurs de la Bourse internationale aux Insectes de Perpignan résidait dans le fait qu’elle demeurait seule capable en France d’attirer nos collègues espagnols depuis les confins de la lointaine Andalousie. Elle permettait ainsi la rencontre des entomologistes du « Grand Sud » dans une ambiance conviviale qui ne se retrouve pas dans d’autres bourses.
D’année en année cependant le grand public qui contribuait à l’équilibre des comptes s’est fait de plus en plus rare et la participation d’exposants de minéraux et de coquillages n’a pas modifié cette tendance…
Par ailleurs, la vingt-troisième bourse a eu lieu cette année au mois de mars alors que les premières se déroulaient le dernier week-end de janvier et attiraient beaucoup de visiteurs. Peut-être n’aurait-il pas fallu changer de date ?
Quoiqu’il en soit, l’édition 2017 sera malheureusement la dernière du fait qu’en termes d’économistes aucun organisme ne peut se permettre un déficit d’exploitation récurrent. Mais cette conclusion sous-entendrait que la bourse de l’ARE était une entreprise commerciale visant un certain profit…
- oui pour les marchands professionnels ou occasionnels,
- non pour l’ARE dont la motivation essentielle a toujours été « de se faire plaisir » tout en recherchant l’équilibre entre dépenses et recettes !
Alors si l’ARE souhaite se libérer des contraintes commerciales, elle ambitionne de proposer au moins une réunion annuelle aux entomologistes du Grand Sud (et d’ailleurs) afin de préserver les liens tissés depuis plus de vingt ans entre nous. Ce pourrait être aussi l’occasion d’échanges scellés par le partage d’un repas en commun.
Les membres du Bureau réfléchissent ainsi à l’organisation d’un week-end de 2 ou 3 jours de chasse dans les Pyrénées-Orientales, de préférence en mai période riche autant de Coléoptères que de Lépidoptères ou d’Hémiptères et d’autres. Sinon en juin.
L’éventualité d’une sortie jumelée avec celle d’autres groupes naturalistes n’est pas à rejeter.

Mais sans doute avez-vous d’autres propositions ?
Merci de nous en faire part.

Pour le Bureau de l’ARE, le Président
L'égalité, la seule égalité en ce monde, l'égalité devant l'asticot. J-H Fabre

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Lepidoanjou49
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Message par Lepidoanjou49 » samedi 29 septembre 2018, 18:29

Je ne suis pas pour les bourses aux insectes car cela pour moi incite la capture d'espèces protégées et je pense que se retrouver pour voir des individus en photos et faire des inventaires en groupe sans mettre en boîte est plus conviviale que vendre et piquer des insectes pour de l'argent.
Victor😈 chercher des espèces rares c'est souvent aller au milieu de nulle part pour ne rien voir.

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pierred
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Message par pierred » samedi 29 septembre 2018, 20:13

On ne peut pas relancer le sujet à tout bout de champ.
Les bourses et foires aux insectes comme Juvisy, Lyon ou Perpignan (qui n'existe plus) constituent un mélange sui generis d'entomologistes et de fournisseurs (de matériel ou d'insectes). Ce n'est certainement pas au sortir d'une telle foire/exposition que les gens vont se précipiter à ratiboiser des espèces en danger.
Il y a des entomologistes qui explorent la nature en prélevant. La pression de ces personnes est ridiculement faible au regard de la vie animale, même au regard d'espèces peu fréquentes.
D'autres qui le font en photographiant.
D'autres qui...
Pierre D.

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Message par Lepidoanjou49 » dimanche 30 septembre 2018, 8:15

Les collectionneurs sont pas pris au sérieux mais regarde une des deux stations de l'alexanor ssp destenlensis a disparu. La sous espèce célèbre de la proserpine est quasi disparu. Une station de telejus dans l'Ouest de plus en plus faible a reçu le coup de grâce car des gens venait régulièrement capturer l'espèce. Il existe sans doute plein de cas comme ça. Ils ne sont pas responsable des déclins mais donne parfois le coup de grâce.
Victor😈 chercher des espèces rares c'est souvent aller au milieu de nulle part pour ne rien voir.

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Entomofou
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Message par Entomofou » dimanche 30 septembre 2018, 12:34

La corrélation avec les bourses entomologiques ne me semble ni pertinente ni juste... Le débat est également tout aussi stérile. Ici, il y a des collectionneurs, qui tuent des insectes... et permettent aux photographes, bien souvent, d'identifier ce qu'ils prennent en photo.
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Message par Lepidoanjou49 » dimanche 30 septembre 2018, 13:23

Mais si , mais si car des gens revendent ce genre d'espèce , bon après j'imagine que votre bourse devait être réglementée et que vous n'aviez pas ce genre de chose. Après pierred pourquoi m'a tu dit de ne pas relancer le sujet puisque personne n'a répondu ?
Victor😈 chercher des espèces rares c'est souvent aller au milieu de nulle part pour ne rien voir.

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inachis ax
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Message par inachis ax » dimanche 30 septembre 2018, 13:58

Pour ce qui est des espèces ou sous-espèces dont il reste des toutes petites populations, peut-être que l'impact de l'entomologie n'est pas négligeable, mais dans ce cas-là, ce sont sans doute des populations isolées (et consanguines du coup) vouées à s'éteindre quoi qu'il arrive (pas d'apport de gènes "frais" venant d'autres populations pour éviter la dépression de consanguinité et/ou biotopes très réduits sur le point de disparaitre eux-aussi). Si on avait protégé les biotopes avant les bestioles, on n'aurait sans doute pas eu de si petits effectifs pour les bêtes sus-mentionnées.

Pour ce qui est des espèces protégées, j'imagine qu'il n'est pas censé y en avoir aux bourses dont la date de capture est postérieure à la date de mise en protection, et provenant de lieux où l'espèce est protégée (car j'en vois tout de même chaque année à Juvisy). Après, c'est difficile de contrôler que les infos des étiquettes sont bonnes. Attention, (sous-)espèce protégée ne signifie absolument pas (sous-)espèce réellement en danger d'extinction contrairement à ce que pense la plupart des gens.

Je pense que la remarque de Pierre était pour dire que ce débat a déjà été mené maintes et maintes fois sur le forum, et que ce n'était pas vraiment le sujet initial. Et puis le rôle des bourses n'est à mon sens pas que de vendre des insectes (personnellement, je ne fais absolument pas partie des acheteurs ou vendeurs, mais j'y vais quand même). On peut venir simplement pour admirer les bêtes, comme si on visitait un musée (cela a un rôle pédagogique pour ceux qui ne connaissaient pas les insectes). On peut y aller juste pour voir des gens, se faire des contacts dans l'entomologie (aussi bien pros que persos). etc. etc.
Le Paon du jour n'est dans aucune citation célèbre.
Axel :)

Caillou
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Message par Caillou » dimanche 30 septembre 2018, 17:27

Bonjour,

Désolé de rajouter au parasitage du sujet, mais l'extrait ci-dessous d'inachis ax me pose un sérieux problème et je ne peux pas rester silencieux.
inachis ax a écrit :
dimanche 30 septembre 2018, 13:58
Pour ce qui est des espèces ou sous-espèces dont il reste des toutes petites populations, peut-être que l'impact de l'entomologie n'est pas négligeable, mais dans ce cas-là, ce sont sans doute des populations isolées (et consanguines du coup) vouées à s'éteindre quoi qu'il arrive (pas d'apport de gènes "frais" venant d'autres populations pour éviter la dépression de consanguinité et/ou biotopes très réduits sur le point de disparaitre eux-aussi).
Je trouve cette idée à la fois douteuse et lourde de conséquences:
- s'il est possible que le pool de gènes soit gravement réduit on ne peut pas en être sûr, et décréter que la population soit "vouée à s'éteindre quoi qu'il arrive" me paraît relever de l'à-priori plutôt que d'une certitude scientifique. En contre-exemple il me semble que des introductions accidentelles ou des réintroductions se font par nature avec une population très réduite au départ, et pourtant ça se développe dans au moins certains cas. S'il y a doute sur la viabilité d'une population j'estime que c'est le principe de précaution qui devrait être déterminant.
- de cette affirmation résulte de facto un blanc-seing pour les collectionneurs de faire ce qu'ils veulent où ils veulent, ils ne seront jamais responsables de quoi que ce soit. Sans commentaires.

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Lepidoanjou49
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Message par Lepidoanjou49 » dimanche 30 septembre 2018, 17:58

Les espèces isolées ne s'éteignent pas forcément des projets de corridors pour des brassages génétiques sont réalisés et reconnecte les populations entre elles car parfois une simple peupleraie ou une haie séparent des populations. Je suis d'accord avec caillou. De plus des populations au dessus du seuil de viabilité peuvent passer en dessous si il y a trop de prélèvements. Il faut apparemment toujours 2 individus de la même espèce le même jour pour qu 'une population soit viable( survive). Les popu de telejus en 37 sur une station mineure de 25 individus avait 2,8 individus par jour jour pendant le pic de vol ( période de vol mi juillet mi août) et 0,8 individus par jour en fin de saison. La station principale a 11,2 individus par jour en pic de vol et 3,2 individus en fin de saison. La station disparu avait 1,1 individus durant le pic de vol et 0,32 en fin de saison.
Bref la première est en danger car en dessous du pic de viabilité en fin de saison , la seconde est viable et la dernière foutu car chaque année des collectionneurs capturaient sur le site et on réduit la popu. A cause de ça le proprio a refusé l'aide du pnr locale parce que il croyait que c'était eux qui l'e****** , résultat il a couru la peupleraie et à tondu kapput la station et les plantes associées.
Je met ça en exemple mais y a la même chose pour Arion qui se fait planter sur des popu de plus en plus petites non loin de là.
Victor😈 chercher des espèces rares c'est souvent aller au milieu de nulle part pour ne rien voir.

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Message par inachis ax » dimanche 30 septembre 2018, 19:28

Je ne dis absolument pas qu'il faut taper dans les petites populations. Au contraire, dans un but purement de collection, je suis tout à fait d'accord que c'est quelque chose à éviter. Encore faut-il avoir une idée de l'importance des populations. Quelque part, une analyse génétique de certains spécimens peut donner une idée d'à quel point une populations est menacée (il faut au minimum arracher une patte pour ça, mais un vrai entomo, même chercheur responsable, aura sans doute du mal à ne pas garder un spécimen entier). Et puis, il y a des espèces difficiles à identifier où la capture est nécessaire, et sans capture, difficile de savoir si elles sont encore présentes dans un endroit donné (chez les rhopalos, on n'est pas souvent confronté à ce cas-là dans la plupart des régions, mais dans bien d'autres ordres, si !).

J'ai été un peu vite avec les petites populations, et ma réponse précédente traduit aussi un pessimisme général quant au devenir des biotopes "naturels" (quoi qu'on fasse, je sens, à titre personnel, que c'est mal barré en dehors des réserves qui subsisteront). Je pense qu'on peut distinguer deux cas (avec intermédiaires), si on raisonne en terme de méta-populations :
- des petites populations +/- connectées entre elles. Si on prélève dans un endroit donné, cela aura un impact sur cet endroit, mais pas forcément sur la méta-population. Possible même que la population locale impactée puisse correctement se reconstituer s'il y a pas mal de déplacements au sein de la méta-population (ce qui suppose soit de bons corridors, soit une espèce particulièrement vagile), mais pour cela, il ne faut pas détruire les biotopes (même si l'espèce semble avoir localement disparu).
- des petites populations vraiment fortement isolées, sans espoirs de recolonisation naturelle. C'est le cas d'Hipparchia statilinus dans ma région qui doit être séparé de 100 à 200 kilomètres des populations les plus proches. Les lépidoptéristes que je connais sont assez d'accord pour dire que cette population va disparaitre d'une année à l'autre vu son secteur de présence très restreint (une partie de la plaine de Chanfroy), où l'habitat a été modifié cette année (surpâturage par les moutons), sans compter un risque lié aux aléas du climats. Les individus sont de petite taille pour l'espèce, ce qui pourrait bien être dû à la consanguinité.

Après, la réalité, est qu'on ne sait en effet pas grand chose car la recherche n'alloue pas beaucoup de fonds pour essayer d'estimer la viabilité des populations en danger, hormis peut-être dans certaines réserves (il me semble avoir déjà entendu parler de CMR sur certaines populations de Coenonympha menacées par exemple). Et puis, pour de nombreuses bêtes (coléos par exemple), ce n'est sans doute pas faisable.

Du coup, que faire ? Interdire la capture entomologique en France, en dehors d'une éventuelle élite scientifique responsable ? Pas une bonne solution quand on voit que la quasi-totalité des données entomos proviennent d'amateurs dans notre pays. Essayer de responsabiliser les collectionneurs ? Pourquoi pas, mais il n'y a pas beaucoup de réseaux pour permettre cela (le forum peut être toute fois utile).

Bref, c'est effectivement un débat intéressant, mais qui ne mettra pas tout le monde d'accord, comme cela a été prouvé plusieurs fois sur le forum. Pour ma part, je ne suis pas collectionneur, en tout cas pas des bêtes connues pour être en danger d'extinction. Les seuls spécimens que je conserve sont plutôt des bêtes peu connues qui peuvent nécessiter capture pour l'identification.
Le Paon du jour n'est dans aucune citation célèbre.
Axel :)

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