Séquençage du génome du pou

Les poux, les poux des livres, les "bêtes d'orage"
Ce sont tous des hémiptéroïdes

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Cybernadette
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Séquençage du génome du pou

Message par Cybernadette » jeudi 28 octobre 2010, 20:26

[Edit anim'] Division du sujet [Pediculus humanus] Phthiraptères - anoploures - Pediculus sp.- Début ICI [/Cybernadette]

Bonsoir,
naimbs a écrit :On les considère comme des sous espèces ou des variétés d'une même espèce. C'est un peu remis en cause depuis quelques années. Eldridge et Edman, 2004, affirment qu'il existe des différences nettes au niveau du comportement, des micro-habitat et de la capacité vectorielle.
En relisant les actualités du mois de juin 2010, je me demandais si le séquençage de leur génome a permis d'en savoir plus sur la séparation ou non de ces deux sous-espèces.

D'après les brèves, par exemple ICI, ce n'est pas évident.
"...le génome du pou de corps (pediculus humanus corporis) a été séquencé. [...] Le pou a un mode de vie «très simple : il vit dans vos cheveux ou dans vos vêtements et se nourrit exclusivement de sang», relève dans un communiqué Barry Pittendrigh, professeur d'entomologie à l'Université d'Illinois (nord), qui a coordonné l'équipe internationale de recherche."

Dans cet article de 2006, Sequencing of a new target genome : the Pediculus humanus humanus (Phthiraptera: Pediculidae) genome project, on parle de Pediculus humanus humanus, de Pediculus humanus capitis, et on fait bien la différence entre les deux, mais apparemment on n'en séquence qu'un...

La capacité vectorielle, c'est la capacité à transmettre des maladies ?

Si quelqu'un voit clair dans tout ça... :?:  
 

  Bernadette
Bernadette C.

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[Pediculus humanus] Phthiraptères - anoploures - Pediculus sp.

Message par naimbs » samedi 30 octobre 2010, 16:04

On pale de capacité vectorielle lorsqu'effectivement l'espèce peut transmettre des maladies. L'insecte est considéré comme vecteur dans ce cas là. Là ou c'est plus compliqué, c'est qu'une même espèce peut avoir des populations qui localement transmettent mieux l'agent éthiologique de la maladie. Par exemple, pour les moustiques, tu as une même espèce, qui transmettra mieux à l'endroit X l'agent du palu, alors qu'elle transmet moins bien dans l'endroit Y.

Pour les poux, le problème est entre autre que les poux de tête ne sont pas des vecteurs. Les poux de corps, eux le sont! Donc, sont-ils des espèces distinctes, ou peut-on en faire deux sous espèces avec une capacité vectorielle pour l'une des deux? Ca fait longtemps que les recherches n'aboutissent pas à une conclusion nette et précise. D'après ce que j'ai pu lire au cours de mes travaux, j'en ferais deux espèces différentes. Si ça t'intéresse, je pourrais quand j'en aurais le temps te retrouver les articles qui débattent du sujet, notamment un qui compare les différences mineures sur le plan morphologique, mais qui ont, à mes yeux leur importance (sans parler du mode de vie, très différent finalement).

A bientôt

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Message par Cybernadette » jeudi 4 novembre 2010, 1:15

Naimbs,
naimbs a écrit :Si ça t'intéresse, je pourrais quand j'en aurais le temps te retrouver les articles qui débattent du sujet, notamment un qui compare les différences mineures sur le plan morphologique, mais qui ont, à mes yeux leur importance (sans parler du mode de vie, très différent finalement).
Oui, ça m'intéresse, :wink: car je passe mon temps à démêler tout ce qui m'intrigue dans cette affaire !

Spécialement ceci, trouvé ici :

"The tiny, blood-sucking body louse Pediculus humanus humanus L. seems to appear out of nowhere during economic downturns, wars and other crises that cause people to live in unsanitary conditions."

Traduction : Le minuscule suceur de sang qu'est le pou du corps Pediculus humanus humanus L. semble sortir de nulle part en période de récession, de guerre et autres crises qui amènent les gens à vivre dans des conditions insalubres.

Il ne peut pas sortir de nulle part. 8-O
Donc c'est une génération du pou de tête qui se transforme pour s'installer sur le corps, pondre dans les vêtements. :roll:

(ça m'évoque le criquet pélerin, une histoire de densité de population, de transformation physiologique et de changement de comportement...)



Bernadette
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Message par pierred » jeudi 4 novembre 2010, 7:14

Bonjour,

J'avais lu un article dans Wired (en anglais) qui expliquait que l'on avait fait une analyse des différences d'ADN entre les deux bestioles afin de déterminer l'apparition du vêtement chez l'espèce humaine. Il semblerait que l'on soit arrivé à 190 000 ans, contre 200 000 ans pour Homo sapiens.

Je n'ai pas retrouvé l'article original.
Pierre D.

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Message par insektor » jeudi 4 novembre 2010, 9:12

Bonjour,


Je suis resté avec l'idée qu'il y avait des différences écologiques importantes entre la tête et le corps, en particulier de température, qui expliquait l'existence de disons deux "entités", chacune avec son propre optimum. Je ne sais pas si cette spécialisation de niche écologique est toujours d'actualité...
"Nomina si nescis, perit cognito rerum" Edward Coke

Cordialement,

Insektor

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Message par Cybernadette » mercredi 10 novembre 2010, 17:27

Pierre et Insektor, merci pour vos réponses qui, petit à petit, vont peut-être nous aider à y voir clair...

De mon côté j'ai retrouvé un communiqué du CNRS du 25 mars 2010 :

"Par l'analyse génétique de séquences très variables du génome des poux, les chercheurs ont observé qu'il n'était pas possible de discerner le pou de tête du pou de vêtement sur le plan génétique."

Et par hasard, en réécoutant un cours d'Alain Prochiantz, j'ai appris qu'il pouvait y avoir des phénomènes inhabituels liés par exemple à la température dans les processus morphogénétiques. Des formes différentes à génome égal.


  Bernadette
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