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[Thèse ; X-2014] Orléans Anoplophora

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Chris
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[Thèse ; X-2014] Orléans Anoplophora

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Estimation de l’impact écologique du capricorne asiatique, Anoplophora glabripennis, sur les populations xylophages natives et leurs organismes associés, et traçage génétique de l’origine de ses populations invasives en France continentale et Corse

Laboratoire d’accueil: URZF INRA- Zoologie Forestière Orléans.
Directeurs de thèse: Alain Roques/ Géraldine Roux- Morabito
Type de financement: Région Centre/ DSF
Début de la thèse: Octobre 2014
Ecole Doctorale : Université d’Orléans

Description du sujet
Les invasions biologiques sont désormais considérées comme une des causes majeures d’appauvrissement de la biodiversité. Les espèces exotiques affectent la biodiversité indigène à travers divers mécanismes directs et indirects, allant de simples interactions trophiques tels que la phytophagie, la prédation ou le parasitisme à des processus plus complexes comme, entre autres, la compétition interspécifique pour la ressource ou pour l'espace, la transmission de maladies ou encore au-travers d’ennemis naturels communs avec les espèces natives. Ces effets sont ainsi susceptibles de conduire au déplacement voire à l'extinction d'espèces autochtones, et à une modification profonde de l'habitat et du fonctionnement des écosystèmes envahis, notamment à travers des effets en cascade sur les chaînes trophiques. Si l’impact écologique de certains groupes d’organismes exotiques (vertébrés, plantes) a pu être bien établi, celui des insectes reste mal connu, ces espèces étant principalement considérées pour leurs dégâts économiques ou sanitaires. Or, l’établissement d’insectes exotiques en Europe a augmenté exponentiellement avec la mondialisation, passant en moyenne de 9 à 18 espèces par an entre 1950-1975 et 2000-2010, et cette tendance est amenée à s’amplifier, les voies et origine des invasions se diversifier dans le même temps avec une prédominance de l’Asie. Cela rend urgent de préciser l’impact écologique potentiel de ces espèces d’autant que des études récentes ont révélé que des insectes exotiques précédemment considérés uniquement pour leurs dégâts économiques, voire « inoffensives », pouvaient aussi déplacer la faune native ou limiter le potentiel de régénération de la flore native.

Un modèle intéressant pour ce type d’étude est le capricorne asiatique (Anoplophora glabripennis), insecte d’origine chinoise et introduit aux USA et dans différents pays européens. Cette espèce est considérée comme un ravageur économique très important menaçant les forêts d’arbres feuillus, mais elle est restée pour l’instant confinée aux arbres ornementaux ou d’alignement des agglomérations. Si elle a fait l’objet de très nombreux travaux à l’échelle internationale, et en particulier en Amérique du Nord, aucune étude n’a pour l’instant été menée sur les effets de son invasion sur les faunes xylophages natives en compétition directe pour la ressource, ni sur les effets en cascade pouvant exister via les organismes associés (parasites, prédateurs, micro-organismes associés). Deux éléments renforcent la pertinence de ce modèle. Une population introduite a été détectée en Région Centre, à Gien, en 2003, mais n’a pu être complètement éradiquée 10 ans après malgré les efforts importants entrepris depuis. Une autre population vient juste d’être détectée en Corse, près de Bastia, à l’été 2013 et cette population est directement au contact des forêts de feuillus avoisinantes. On a donc la possibilité de comparer les changements induits dans les faunes compétitrices natives et les réseaux trophiques associés d’une part en fonction de la durée de présence de l’espèce envahissante (10 ans vs. 1 an), et d’autre part en regard de la situation dans les forêts indemnes environnantes des deux sites concernés.

La thèse visera donc à tester les deux hypothèses suivantes : a- l’exotique doit être un compétiteur supérieur pour se développer dans les niches envahies, induisant un déplacement de la faune native; b- son arrivée induit une « compétition apparente » affectant les populations natives via une action de type puits- source sur des ennemis naturels communs. En parallèle, le doctorant cherchera à tracer l’origine et les voies d’invasion des populations établies en France en comparant celles-ci au plan génétique avec celles de la zone native chinoise et des diverses zones préalablement envahies (Amérique du nord et Europe, et en particulier Italie pour la Corse).

Cette thèse développera une approche complètement intégrée de disciplines diverses allant de l’écologie des communautés d’insectes, aux nouvelles méthodes de séquençage pour l’analyse de la composition de ces communautés (barcoding/ metabarcoding) et à la modélisation des relations trophiques. Cette approche s’appuiera sur les collaborations existantes avec les collègues américains (USDA), qui fourniront des leurres attractifs multi-composants de nouvelle génération pour la capture des insectes-cibles, et les collègues chinois. Au final, cette étude est donc susceptible de déboucher sur des propositions immédiates de gestion des populations invasives et des voies d’invasion à surveiller. Elle s’insère complètement dans les thématiques de l’Unité INRA de Zoologie Forestière qui consistent la compréhension des mécanismes sous-tendant la réussite des invasions biologiques d‘invertébrés, l’Unité ayant cordonné l’inventaire continental des espèces exotiques d’invertébrés en Europe (projet DAISIE).

Qualités recherchées :
Formation en Entomologie, Ecologie, et/ou Génétique des populations
Expérience du travail de recherches avec insectes indispensable
Bonne capacité à traiter les données
Goût et expérience de l’expérimentation terrain et laboratoire.


Pour candidater:
envoyez au plus tôt un CV détaillé, une lettre de motivation, les notes et mémoire de M1 et notes de M2 (si connues)

Les candidats dont le profil sera jugé conforme aux attentes seront invités à un entretien début Septembre, à l’issue duquel le (la) bénéficiaire de cette allocation (financement région centre et DSF) sera sélectionné(e).

Contact pour l’envoi des candidatures et renseignements complémentaires :
Alain Roques: <alain point roques at orleans point inra point fr>
Géraldine Roux-Morabito: <geraldine point roux at orleans point inra point fr>

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