Spilostethus furculus sur Solanum villosum

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Fraf
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Spilostethus furculus sur Solanum villosum

Message par Fraf » mercredi 20 septembre 2017, 8:49

Bonjour,

J'ai longtemps supposé que Spilostethus furculus, au moins pour la France, habituellement inféodé à Solanum nigrum (la Morelle noire), et également régulièrement observé sur Tomates (Solanum (Lycopersicum) lycopersicum), pouvait également utiliser comme plante-hôte d'autres espèces proches, notamment Solanum villosum (la Morelle rouge), mais je n'avais jusqu'ici jamais pu l'observer.

Dans cette hypothèse, j'inspecte attentivement depuis l'an passé tous les plants de ce qui me semblent être des espèces hôtes potentielles à la recherche de traces de piqûre, ou de juvéniles, notamment sur le site du lit du Paillon, où j'ai pu faire la plupart de mes observations. J'ai observé, à plusieurs reprises, notamment légèrement en aval du site, cette proche cousine, Solanum villosum, jusqu'ici toujours intacte.

Et puis, hier, à l'emplacement habituel :

Image
Fabien Piednoir : France : Nice : 06300 : 19/09/2017
Altitude : 23 m - Taille : 1 mm
Réf. : 192039

Mon attention, comme souvent, a d'abord été attirée par un adulte, sur un pied d’Épiaire toute proche. Celle-ci n'étant pas un support habituel pour l'animal, j'ai deviné qu'il s'agissait d'un "égaré", là un peu par hasard, et, sous les feuilles de l’Épiaire, j'ai trouvé ce petit pied de Morelle rouge, avec quelques autres adultes, toute une flopée de ces juvéniles fraîchement éclos, et une larve un peu plus âgée dont je n'ai pas pu encore déterminer le stade. Solanum villosum se distingue assez aisément de sa cousine par la couleur de ses fruits, qui sont oranges à maturité, et non noirs. Les deux sont pareillement toxiques (ce qui n'est pas le cas de la Tomate... :wink: )
A ma connaissance, c'est la première fois que cette espèce est signalée comme une plante-hôte utilisée pour la reproduction et l'alimentation, et non comme un simple "support", y compris dans la monographie faite par Vivas sur le sujet.

L'an passé, un fauchage intensif de la zone a fait disparaître la plupart des pieds de Morelle noire qui étaient jusque-là infestés. Depuis, la plupart des adultes peuvent être observés sur Senecio inaequidens, sur lesquels je n'ai jamais cependant observé de larves. Vivas note également cette tendance des adultes à se réfugier sur les fleurs d'Asteraceae de couleur jaune, et à se nourrir de pollen. J'ai observé jusqu'à présent ce comportement assez régulièrement pour Spilostethus saxatilis (sur de nombreuses espèces de "pissenlits"), mais jamais encore, en France, pour furculus : de tous les adultes que j'ai vus sur Senecio, je n'en ai encore jamais aperçu un se nourrir. De plus, d'autres Astéracées jaunes sont présentes sur le site, notamment Dittrichia viscosa, citée par Vivas comme l'une de ses préférées, Dittrichia graveolens, Lactuca, Urospermum... Ici, je n'ai jamais observé S. furculus en nombre significatif que sur Solanum ou Senecio inaequidens, et jamais de juvénile ni de comportement alimentaires observés sur cette dernière. J'imagine que S. inaequidens, plante introduite originaire d'Afrique du Sud, était peut-être absente des sites prospectés par Vivas, mais que l'animal doit la préférer à D. viscosa lorsqu'il a le choix... (S. furculus est, à l'origine, une espèce africaine...)

Reste l'absence d'observation de comportement alimentaire et de repro sur Senecio... Je l'observe beaucoup trop régulièrement sur cette plante pour que ce soit un simple fait du hasard, et mon hypothèse est que Senecio peut constituer un hôte secondaire, ou une plante "refuge", lorsque les pieds de Solanum ne sont plus disponibles (par exemple, suite à un fauchage...). J'ai bon espoir de pouvoir photographier un jour un adulte se nourrissant de pollen sur Senecio, mais je ne m'attends pas à y trouver de juvénile...

Pour ce qui est des autres plantes-hôtes, je n'ai pas retrouvé cette année Spilostethus sur les pieds de Morelle noire qui ont repoussé depuis. Cela fait un moment que j'inspecte les S. villosum, dans l'espoir de découvrir une petite famille nichée entre les feuilles, et c'est chose faite. Je crois bien également que l'on avait pas de photo d'un instar I, c'était donc l'occasion. Dans les jours prochains, j'espère, si le travail n'est pas trop prenant, pouvoir prélever quelques spécimens, pour réaliser de meilleurs clichés, et une mesure un peu plus précise (la taille de 1 mm, donnée à titre indicatif, n'est qu'une estimation, par rapport à la taille connue de l'adulte et des autres stades larvaires). J'aimerais également pouvoir photographier, comme sur S. nigrum, les traces caractéristiques de piqûre sur cette plante (j'ai déjà des traces avérées de piqûre d'hémiptères sur S. villosum, mais rien hélas que je ne puisse formellement relier à S. furculus...)

J'ai également inspecté cette année Solanum dulcamarum, nouvellement observée, pour moi en tous cas, sur le site. Malheureusement, la Douce-amère a une écologie sensiblement différente de ses deux cousines, et en ce qui concerne le lit du Paillon, elle est plutôt inféodée aux roselières, qui ont subi pas mal de dégâts suite aux coups de vent du mois d'Août, et sont désormais peu praticable. Si j'en ai le temps, il faudra que je me jette à l'eau pour rejoindre la roselière sud, sensiblement en aval, et un peu plus épargnée, où j'avais pu observer d'autres spécimens de S. dulcamarum qui auront peut-être été épargnés...

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