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Patrick Bonneau
Mes pièges à Insectes
Ou comment se débrouiller avec les moyens du bord !
lundi 22 décembre 2008

 11/08

II - PIÈGES PASSIFS

A - Les pièges d’interception

1 - Piège à grand panneau simple

Panneau transparent fait d’une feuille de plastique semi-rigide (ép. environ 1 mm), de 70 cm de large par 1,20 m de haut.

Le bac de récolte est une balconnière contenant de l’eau additionnée de quelques gouttes de Mir (liquide vaisselle) et du sel.

Piège à panneau simple
Suspendu à une perche horizontale dans la trouée d’une haie

Le tout est suspendu à une perche fixée horizontalement ou à un fil de fer tendu entre deux arbres.

La balconnière est suspendue à l’aide de deux forts fils de fer verticaux, ils se dédoublent à une quinzaine de centimètres et se terminent par un anneau. Un autre morceau de ce fil, en forme de crochet, est fixé sur la balconnière, au quatre coins, cela permet, en décrochant les deux d’un coté, d’incliner le récipient pour le vider dans une grande passoire et récupérer ainsi les insectes capturés.

Ce type de piège se place à hauteur basse ou moyenne dans un passage, chemin, trouée dans une haie, au milieu d’un chablis etc.

Ici, le support est un fil de fer costaud tendu, entre deux arbres, au milieu des branches d’un chablis, avec un tendeur de clôture, tout est suspendu à ce fil.

Le plastique du panneau est un peu souple malgré son épaisseur (1 mm) alors, pour le rigidifier, deux baguettes ont été fixées de part et d’autre dans le haut de la plaque, celle-ci est soutenue par 3 crochets en fil de fer.

Des petits trous sont percés à 5 cm du haut de la balconnière pour l’écoulement de l’eau de pluie

Pièges à panneau simple
Suspendus à un fil de fer dans un chablis et au dessus d’un ruisseau formant trouée dans la haie.

Quels insectes peut-on récolter avec ce piège ?

Tous les insectes volant autour des branches où ils sont disposés

Coléoptères :

Cerambycidae, Cetoniidae, Lucanidae, Elateridae, Scolytidae, etc.

Les saproxylophages si le piège est placé près de bois pourri.

Hyménoptères, Lépidoptères et Diptères.

2 - Piège à Panneaux en croix allégé

Ce piège respecte rigoureusement le modèle "Polytrap" proposé par H. Brustel (2004).

Sa fabrication est inspirée du mode de réalisation utilisé pour le modèle "Pimul" de B. Mériguet (2007).

Et puisque la création de nom nouveau est, semble-t-il, à la mode, je ne manquerai pas de nommer aussi le mien en reprenant les premières lettres du titre de ce paragraphe soit : "PIPACAL" (PIège à PAnneaux en Croix ALlégé)

Il est constitué d’un axe central en tube PVC gris "électrique" et de quatre baguettes de 50 cm de long en haut et 40 cm en bas, qui sont insérées dans des trous perpendiculaires et en vis-à-vis deux par deux à 80 cm de distance.

Entre ces baguettes sont disposés quatre bandes de film plastique transparent (toile cirée incolore) d’environ 80 m x 20 cm, chaque panneau fait ainsi 40 x 80 cm.

Le toit et l’entonnoir sont constitués de triangles de plastique souple (presque) transparent soudés avec un soude-sac de cuisine destiné aux sacs à congélation.

L’ouverture de l’entonnoir est renforcée à l’aide d’une armature carrée en fil de fer robuste dont une boucle à été « tordue » à chaque coin, une vis, passée dans cette boucle la fixe à l’extrémité des baguettes inférieures.

Un goulot de bouteille de jus de fruit, à large ouverture, est fixé dans le bas de l’entonnoir, il soutient la bouteille de récolte grâce à deux bouchons collés dos à dos.

Ces bouchons sont collés à l’aide d’un pistolet à colle, puis évidés pour autoriser le passage le plus large.

Le piège « Pipacal »

3 - Piège à Panneaux en croix en moustiquaire.

Suivant la même mode, dénommé : "PIPAMOU" (PIège à PAnneaux en MOUstiquaire).

Ce piège de grande taille est constitué d’un axe central en bambou (le tube PVC utilisé dans le modèle précédent peut très bien convenir, mais, fidèle à ma philosophie, j’ai, une fois encore, fait appel à la récupération). Quatre baguettes de 1m de long chacune sont insérées dans des trous perpendiculaires et en vis-à-vis deux par deux à 1,20 m de distance.

Entre ces baguettes sont disposées quatre bandes de moustiquaire d’environ 1,20 m x 48 cm, chaque panneau fait ainsi 1 m x 1,20 m, et la surface totale d’interception est donc de 23 000 cm2.

Rappelons, pour mémoire, que le piège standard "Polytrap", ci-dessus, a une surface de 12 800 cm2.

L’utilisation d’une moustiquaire en remplacement de panneaux transparents a été dictée par sa faible prise au vent qui aurait été un véritable handicap dans un piège de cette taille.

Cette moustiquaire a été peinte en noir, lui fournissant ainsi un aspect beaucoup plus transparent que la couleur blanche, qui renvoie la lumière et représente pour les insectes un obstacle à éviter.

Le toit et l’entonnoir sont réalisés, comme dans le précédent modèle, par des triangles de plastique souple (presque) transparent soudés avec un soude-sac.

Le piège « Pipamou »

4 - Pièges simplifiés

Le souci de réaliser de nombreux pièges de la façon la plus économique m’a conduit à utiliser le plus possible de matériaux de récupération.

En effet un certain nombre disparaissent ou sont détruits : intempéries (vent principalement), vol, vandalisme (curieusement, surtout à l’automne !), etc..., et la dimension économique est loin d’être négligeable.

J’ai ainsi utilisé le haut de bouteilles de 5 litres d’eau de source (il existe aussi des modèles 8 litres, encore plus intéressants), qui présente un entonnoir de taille moyenne maintenu largement ouvert par une plaque d’un matériau synthétique rigide genre plexiglas enfoncée à force et maintenue par deux petits fils de fer.

Ceci fournit un piège aux dimensions approximatives suivante : 20 cm x 40 cm (taille du panneau transparent, en fonction du matériel récupéré)

La bouteille utilisée pour la récolte est un modèle de ½ litre (voire un litre en Provence pour prévenir l’évaporation l’été) possédant un gros goulot afin d’autoriser un passage aisé à tous nos insectes français, deux bouchons collés dos à dos assurent la liaison.

Le liquide est toujours de l’eau additionnée de quelques gouttes de Mir (liquide vaisselle) + du sel.

La mise en place s’effectue à l’aide de la canne décrite au paragraphe I

Une variante de ces pièges consiste à remplacer le panneau transparent par un de couleur noire.

Au premier abord, il semble assez paradoxal de ne plus mettre un panneau transparent et l’on a l’impression que cet obstacle va être évité par les insectes.

Toutefois, l’expérience prouve qu’intervient alors un autre phénomène (CHENIER & PHILOGENE, 1989), cette surface noire semble être vue par les insectes comme l’ouverture d’une cavité sur le tronc d’un arbre, le piège deviendrait alors "attractif", principalement pour les coléoptères inféodés aux cavités.

On peut en déduire que ce piège à panneau noir ne capture pas les mêmes espèce que celui à panneau transparent, les deux modèles s’avèrent donc complémentaires.

Le piège interception simplifié
A droite : la fabrication

Quels insectes peut-on récolter avec ce piège ?

Les insectes volant autour des troncs à la recherche de cavités

Coléoptères : Cerambycidae, Cetoniidae, Lucanidae et Elateridae fréquentant les cavités, saproxylophages, etc.

5 - Piège collé au tronc

Ce piège est conçu pour la capture d’insectes, principalement les Coléoptères, vivant dans le bois mort ou le bois attaqué par les champignons (Kaila, 1993). Il s’agit d’une modification du piège fenêtre. Il se place sur le tronc des arbres morts sur pied ou couchés, de préférence à proximité des fructifications des champignons (Polypores).

Pièges collés au tronc
Piège transparent collé au tronc / Piège noir collé au tronc

Le piège consiste en une plaque en plastique transparente dont les dimensions sont 12 cm de largeur, 30 cm de hauteur et 1 à 1.5 mm d’épaisseur. Ce panneau est relié à un entonnoir constitué du haut d’une bouteille "Orangina", comme précédemment, deux bouchons soudés dos à dos assurent la liaison avec la bouteille de récolte.

Le piège est fixé à l’aide d’un clou, un fil de fer l’empêche de se coucher sous l’action du vent.

6 - Piège à nécrophages

Une spécialisation particulière de ces pièges simplifiés a consisté à utiliser deux pièges du type précédent pour concevoir ce piège à nécrophages.

Un portique en fil de fer très rigide, comportant le crochet de pose, supporte deux pièges identiques au modèle ci-dessus (piège collé au tronc).

La partie centrale est constituée d’un cylindre en grillage dans lequel est disposé l’appât, ici emballé dans du tissu.

De chaque coté de ce cylindre est fixée verticalement une tige de métal qui s’emboîte dans le bas de chacun des pièges et comporte un crochet dans le haut. Ce dispositif permet le démontage du réceptacle de l’appât lors de son remplacement.

La pose s’effectue à l’aide de la canne décrite au paragraphe I

Le piège à nécrophages
A droite : outillage nécessaire pour poser la plupart des pièges

Quels insectes peut-on récolter avec ce piège ?

Les insectes attirés par les charognes.

Coléoptères : Sylphidae, Dermestidae, Cleridae (Necrobia, Korynetes ...), Histeridae, etc.

Diptères divers ...

B - Les pièges à émergence

  • Pièges à émergence enveloppants

Le mode opératoire consiste à "emballer" une souche ou une portion de tronc afin de récupérer tous les insectes qui en émergent.

A l’aide d’un voile solide ou d’un tissu genre moustiquaire, on enveloppe complètement l’objet étudié et l’on dispose un ou plusieurs réceptacles permettant la récolte.

L’enveloppement d’une partie de tronc ou d’une souche représente un travail important, ce dispositif est généralement très visible ce qui peut entraîner déprédations ou vandalisme et, bien qu’assez productif, il est assez lourd à mettre en place.

  • Pièges à émergence sur cavité

L’utilisation d’une procédure similaire pour obturer les cavités d’arbres s’avère plus simple et permet la capture d’espèces discrètes et moins courantes que celles qui se prennent habituellement.

Une feuille plastique ou un tissu imperméable est utilisé pour obturer une cavité d’arbre.

Une ouverture dans ce tissu représente la seule source de lumière pénétrant dans la cavité, elle sera donc la seule sortie où se rendront les insectes adultes émergeant à l’intérieur.

La toile ou la feuille plastique est fixée à l’aide d’une petite agrafeuse-cloueuse (voir photo ci-dessous).

Pièges à émergence sur cavité

Un récipient de récolte est emboîté sur un bouchon solidaire du tissu, il est généralement soutenu, par un fil de fer léger, pour éviter une contrainte trop forte sur la toile. J’ai utilisé deux méthodes différentes pour réaliser et solidariser le flacon de récolte.

La première méthode a consisté à recycler des boites de balles de tennis. Elles sont en plastique transparent, habillées d’une étiquette que l’on enlève facilement. Deux tailles existent, pour trois ou quatre balles, les deux peuvent être utilisées. En les découpant en biseau et en recollant les deux morceau à l’équerre, on peut emboîter (et démonter) le récipient sur le couvercle, en plaçant le liquide conservateur dans la partie descendante.

Le couvercle est fixé sur la toile avec des rivets "pop", une rondelle de plastique de même nature est disposée à l’arrière, prenant la toile en sandwich afin de renforcer la fixation.

Au centre est pratiquée une ouverture par où entrera la lumière attirant les insectes vers la sortie où ils tomberont dans le flacon de récolte.

La seconde méthode consiste en l’utilisation de petites bouteilles de jus de fruit à large goulot. L’une d’elle sert de liaison perpendiculaire au tissu, avec la seconde qui assure la fonction de flacon de récolte.

La liaison entre les deux étant obtenue par l’habituel double bouchon collé dos à dos.

L’ouverture dans le tissu est assurée par le goulot, à large ouverture, d’une autre bouteille du même type (bouteille dont la taille n’a pas d’importance car on ne conservera que le goulot), ce dernier est renforcé par une rondelle de plastique collée par l’arrière pour assurer la résistance de la toile.

Ce piège se posera sur diverses cavités, qu’elles soient à la base du tronc, à hauteur d’homme, voire à plus grande hauteur pour les sportifs qui devront alors hisser une corde, ou une échelle de corde pour atteindre leur objectif.

Pose en hauteur à l’aide d’une échelle de corde
Détail du piège disposé à l’emplacement du creux laissé par une branche pourrie

Quels insectes peut-on récolter avec ce piège ?

Les insectes vivant dans les cavités :

Coléoptères : Surtout les Saproxylophages et tous les Cerambycidae, Cetoniidae, Lucanidae, Tenebrionidae et Elateridae fréquentant les cavités, etc.

  • C - Les pièges à migration verticale

Piège à Chrysididae

L’observation du comportement des Hyménoptères, principalement Chrysididae, a entraîné la création de ce piège (H. Tussac, 1991).

Ces insectes très vifs sont parasites d’abeilles solitaires. Ce piège s’adresse à celles qui fréquentent les abeilles dites charpentières car nichant dans le bois sec des arbres morts.

Ces abeilles utilisent ou creusent des trous dans le bois et l’on voit fréquemment les Chrysides parcourir en tous sens les branches ou troncs secs à la recherche des nids de leurs hôtes.

En fait, pas vraiment en tous sens, plus généralement elles arrivent au vol sur le tronc, puis remontent rapidement en zigzagant.

Le piège est donc constitué d’une planchette mince d’environ 40 cm par 1,20 m de haut.

Un pont en grillage moustiquaire rigide en recouvre la moitié et se termine par une toile cônique fixée à un tube dirigeant l’insecte vers le flacon de récolte contenant le liquide habituel (eau + mir + sel).

Un fort crochet métallique est fixé à l’arrière, au sommet du piège, il sert à l’accrocher à une branche ou une anfractuosité du tronc.

Un tube est, lui, fixé dans le bas et c’est en glissant une perche dans ce tube que l’on peut hisser le piège à la hauteur voulue.

Piège à Chrysididae
Vue d’ensemble / Vue de détail

Quels insectes peut-on récolter avec ce piège ?

Il est destiné aux insectes qui recherchent et explorent le bois bien sec et plus spécialement aux Chrysididae et autres hyménoptères hôtes de ce milieu.

Piège à Coléoptères

Ce type de piège original est basé sur l’observation du déplacement des coléoptères sur les troncs.

Il résulte d’un phénomène identique à celui utilisé pour capturer les Chrysididae.

Lorsqu’un xylophage ou un saproxylophage se trouve sur un tronc, son déplacement se produit majoritairement vers le haut, vers la lumière.

C’est en se basant sur cette observation qu’a été élaboré le piège à migration verticale par Oto Majzlan (2002)

Un voile de forme conique, destiné à guider les insectes arpentant le tronc dans leur migration verticale, est agrafé sur le tiers environ de sa circonférence d’entrée. Un arceau en fil de fer assez fort maintient béante cette ouverture.

L’autre extrémité du cône est fixé à un tube sur lequel se place un récipient de réception. Un support en bois, fixé au tronc, retient l’ensemble.

Piège à migration verticale

Le récipient de récolte est percé et un tube (ici de couleur grise) est collé au fond. Il s’emboite sur le tube qui termine le cône du voile (ici de couleur verte). Le haut de ces deux tubes se termine à la même hauteur, à environ 2 cm sous le couvercle du récipient.

Cette disposition permet la dépose du pot sans rien démonter.

Le récipient de récolte est aussi rempli d’eau additionnée de sel et de quelques gouttes de produit vaisselle jusqu’à, environ, 2 cm du haut des tubes.

Piège à migration verticale : détails
A gauche : Récipient de récolte. A droite :
- haut : Ouverture du piège à migration verticale
- bas : Récipient de récolte

Quels insectes peut-on récolter avec ce piège ?

Les insectes, principalement xylophages ou saproxylophages qui parcourent le tronc sur lequel est posé le piège, de jour comme de nuit (ce ne sont pas les mêmes).


Et pour finir, un petit clin d’œil ... le piégeage de l’entomologiste à l’aide d’un mélange à goût anisé.

Remerciements :

Je voudrais ici remercier mes collègues et amis qui ont effectué une amicale pression destinée à me décider à mettre à la disposition de tous mes astuces et combines pour la réalisation de tous ces pièges.

Je les ai aussi sollicités pour servir de relecteurs et de testeurs, afin de rendre texte et photos plus clairs et explicites, qu’ils en soient également remerciés.

Il s’agit de : Léo CHEKIR, David GENOUD, David GONZALES, Marc HAMMOUCHE,
Nicolas PARIS, Dominique POIRIER-DUCROCQ, Stéphane VASSEL, Jean-Hervé YVINEC.

Fait à La Bouilladisse, le 10/11/2008
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Dernière mise à jour :
mardi 31 mars 2020