Bonjour,
Pour en revenir au problème de départ
Je pense qu'à la base, à partir du moment ou un doute susbiste, même insignifiant, il faut évidemment préférer de loin l'usage de notre bon vieux "sp". Par exemple, dans un message de BobGaia qui incluait deux photos d'un lithobiomorphe (vu de dessus et de côté) (cf. le forum "autres arthopodes"), on ne pouvait raisonnablement pas aller plus loin que le sous-genre en s'appuyant sur des critères fiables et indiscutables, même si l'aspect assez "forficatumorphe" pouvait donner envie de lui coller cette étiquette : au moins un tiers des espèces françaises du genre
Lithobius (
sensu stricto) pourrait avoir cet aspect, soit près d'une vingtaine (et certainement bien plus pour le non-initié) ! Maintenant, il peut y avoir des "adaptations" peut être plus constructives que de balancer systématiquement des "sp" sans explications ou suggestions (car nous ne sommes pas non plus en train de publier des résultats scientifiques dans une revue reconnue !), et c'est ce qui est déjà fait par la plupart d'entre nous je pense :
-En premier lieu, si on décide de mettre un nom sur une photo sans en avoir la certitude, il ne faut pas hésiter à le mentionner, voire à ajouter que "concernant ce groupe d'espèces" ou "les espèces de ce genre" ou "les genres de cette famille" (etc etc), "les identifications d'après photo sont peu fiables car non-établies sur des critères morphologiques précis et rigoureux" (par exemple, avec bien entendu la possibilité d'étayer selon le cas). De même, je pense qu'il ne faut pas hésiter à remettre gentiment les pendules à l'heure lorsque cela s'impose (par exemple quand certain(e)s se lancent à donner des noms dans un groupe où quasiment rien n'est possible sans bino ou microscope), nullement pour "casser" mais pour la raison suivante : ça peut paraître un peu rébarbatif pour le néophyte, mais je pense que dit avec sympathie ça passe bien et c'est surtout essentiel pour le néophyte lui-même. Donner l'illusion que beaucoup peut être fait d'après photo en "arthropodologie" est à mon avis à éviter catégoriquement, car c'est donner indirectement un très mauvais départ au débutant dans cette discipline....
-Idem pour les photos qui ressemblent vraiment à tel ou tel
taxon mais que le
taxon en question possède une grande variabilité chromatique : on est jamais à l'abri de se planter visuellement et d'identifier sous un nom ce qui est en réalité une espèce voisine. Possibilité alors d'énumerer éventuellement les espèces proches en disant celle(s) qui nous paraît la plus plausible avec toutes les réserves qui s'imposent.
-Pour le facteur de la fréquence des espèces : il est évident que cela agit de façon subjective sur les avis qu'on peut parfois donner si l'on se trouve en présence de photos représentant deux espèces très proches mais dont une est commune sur tout le territoire et l'autre non (exemple très général). Si on dispose de la localisation géographique précise voire de données écologiques (milieu, altitude...), bien entendu, cette subjectivité devient beaucoup plus objective, à condition de bien connaître la distribution des espèces concernées. C'est évident vous allez me dire. Mais je parle de ça parce que là encore, il y a des limites : certaines espèces, familles, ordres ou même classes arthropodiennes demeurent mal étudiés sur le plan de leur distribution en France et ailleurs ; on ne peut donc se baser que sur ce qui est bien connu, en l'occurence pour le paramètre "rareté" que celui-ci ait déjà été démontré et ne résulte pas d'une méconnaissance de l'espèce par manque de prospections.
Enfin, la galerie est plutôt bien adaptée à ce problème avec cette "jauge" de fiabilité des identifications ; d'ailleurs, il serait presque utile (mais sûrement irréalisable techniquement, j'imagine, avis aux pros de l'informatique), d'avoir cette même jauge ici finalement
Voilà, je soulève peut-être plus de "problèmes" que j'en résolve, mais je concluerais en écrivant que pour ma part, le côté constructif et communicatif me semble essentiel ici
Cordialement,
Etienne